Journée consacrée à la réconciliation avec les victimes de prêtres pédophiles
Rome, 10 mai 2012 (Apic) Le 50e Congrès eucharistique international, du 10 au 17 juin 2012 à Dublin, sera une occasion «de renouvellement et de réconciliation» pour l›Eglise irlandaise qui présente en son sein des divisions parfois malsaines, a affirmé l›archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, lors de la présentation de l›événement à la presse, le 10 mai au Vatican.
Le Congrès eucharistique de juin 2012 est organisé par «une Eglise qui a affronté et affronte encore de très grands défis, mais une Eglise qui est vivante et désireuse de s›engager dans un cheminement de renouvellement», a assuré Mgr Martin. Il a confié qu›il existait «des divisions au sein de l›Eglise irlandaise, qui sont parfois malsaines». Le rassemblement de Dublin sera «un moment de renouvellement et de réconciliation».
Comme ailleurs en Europe, l›Eglise irlandaise est marquée par de profondes divisions. L›exemple le plus parlant est le mouvement de contestation mené par la ’National catholic priest association in Ireland’, qui compte pour un quart du clergé irlandais avec ses 850 prêtres, dont de nombreux religieux. Ce mouvement soutient les quatre prêtres que le Vatican a condamnés au silence, après leurs prises de position en faveur d›une réforme sur le célibat des prêtres et l›accès au ministère sacerdotal des femmes.
L›Eglise irlandaise doit aussi affronter une sécularisation massive, dont elle n›a pas saisi l›ampleur, a reconnu l›archevêque de Dublin. Il a alors appelé à une «profonde réforme» portant à une Eglise plus «modeste». Le prélat est convaincu que, malgré la sécularisation, il existe «une curiosité des Irlandais par rapport à ce Congrès».
«L›Eglise en Irlande connaît des signes de fatigue», a admis Mgr Diarmuid Martin. Il a souhaité retrouver le sens missionnaire typique de l›Irlande. «C›est le grand défi: avant il y avait une pratique énorme, mais peut-être ne regardait-on que les chiffres sans voir ce qu›il y avait derrière». L›archevêque de Dublin souhaite renouer le dialogue avec les jeunes.
La réputation de l›Eglise catholique en Irlande a beaucoup souffert des révélations en série d›abus sexuels commis par des prêtres, et de l›absence de réaction adaptée de la part des évêques. Le dernier cas concerne le cardinal Sean Brady, archevêque d›Armagh. Soupçonné de n’avoir pas suffisamment dénoncé les crimes d’un prêtre pédophile sur lequel il avait enquêté en 1975, le prélat a récusé ces accusations, précisant qu’il n’était à l’époque qu’un simple prêtre et n’avait participé à l’enquête qu’en tant que greffier.
S’il n’a pas souhaité faire de commentaire sur les accusations portées contre son confrère, Mgr Diarmuid Martin a assuré qu’une journée du Congrès eucharistique international de Dublin serait particulièrement consacrée à la réconciliation avec les victimes de prêtres pédophiles. Les textes liturgiques, écrits par des victimes, porteront précisément sur le thème des abus. (apic/imedia/cp/ggc)
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