Laveur de vitres et archevêque
Prague, 15 mai 2012 (Apic) Le cardinal tchèque Miloslav Vlk, ancien archevêque de Prague, fêtera ses 80 ans le 17 mai 2012. Cette figure de l’épiscopat est-européen avait été interdit de ministère et contraint à la clandestinité pendant la période communiste. Il avait alors notamment exercé le métier de laveur de carreaux.
Né à Lisnice, en Bohême du Sud, en 1932, Miloslav Vlk passe son enfance dans un village près de Ceské Budejovice, où il connaît le dur travail à la ferme. Il suit ensuite des études d’archiviste à Prague et obtient son diplôme en 1960. Il travaille pour différents centres d’archives dans le sud de la Bohême et devient directeur du Centre municipal des archives du district de Ceské Budejovice. Il écrit également de nombreux articles dans des revues scientifiques.
Miloslav Vlk ne peut commencer sa formation théologique qu’en 1964, à cause des persécutions communistes. Ordonné prêtre en 1968, il est tout de suite nommé secrétaire de l’évêque de Ceské Budejovice, poste qu’il occupe pendant trois ans. Son influence et son enthousiasme dans les activités pastorales rendent les autorités communistes méfiantes à son égard. Il est contraint par le pouvoir d’exercer son ministère uniquement dans de petits villages.
Après le Printemps de Prague, en août 1968, l’Etat, agacé par son influence, l’envoie dans les paroisses des montagnes de Bohême, et lui interdit d’exercer son ministère en 1978. Jusqu’en 1989, il est contraint à la clandestinité, tout en exerçant le métier de laveur de carreaux puis d’archiviste de la Banque d’Etat de la capitale tchécoslovaque.
Après la chute du Mur de Berlin en 1989, il est autorisé à exercer à nouveau son ministère. Ordonné évêque de Ceské Budejovice en 1990, il devient archevêque de Prague et primat de Bohême un an plus tard. Il est élu président de la Conférence des évêques tchécoslovaques en 1993, puis de la Conférence épiscopale tchèque en 2000.
Créé cardinal en 1994 par Jean-Paul II, Miloslav Vlk a reçu de nombreux prix et distinctions, en raison de sa contribution au renforcement de la démocratie et des droits de l’homme. Il joue par ailleurs un rôle important dans la dynamique des Eglises européennes au sein du Conseil des Conférences épiscopales européennes dont il a été président de 1993 à 2001.
A l’occasion du voyage de Benoît XVI en République Tchèque en septembre 2009, le cardinal Miloslav Vlk avait déclaré que l’Eglise tchèque devait «évoluer, s’ouvrir toujours plus à la société, dialoguer avec elle car il y a – surtout parmi les politiciens – de nombreux préjugés contre elle». Le cardinal Vlk a quitté la tête de l’archevêché de Prague en février 2010. Benoît XVI a alors nommé pour lui succéder un prélat lui aussi contraint au travail forcé sous le régime communiste, le dominicain Mgr Dominik Duka.
La vie de Mgr Vlk a été racontée, en 1994, dans un livre d’Alain Boudre, ’Laveur de vitres et archevêque’ préfacé par Vaclav Havel.
Ayant dépassé la limite d’âge, Mgr Vlk ne fera plus partie des cardinaux électeurs en cas de conclave. Le collège cardinalice comptera alors encore 122 électeurs sur 211 membres. (apic/imedia/mf/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse