Italie: Les «intrigues» du Vatican, une ressource inépuisable pour la presse italienne
Rome, 18 mai 2012 (Apic) Les «intrigues» du Vatican font une fois de plus les choux gras de la presse italienne et le bonheur du journaliste d’investigation Gianluigi Nuzzi, coutumier d’articles à sensation. Il est l’auteur d’un nouveau livre intitulé «Sa Sainteté» (»Sua Santità»), à paraître le 19 mai 2012.
Dans cet ouvrage, Gianluigi Nuzzi reconstruit les luttes de pouvoir internes au Vatican. Il ne pouvait rêver une meilleure publicité que celle faite la veille par la multitude d’articles aux titres accrocheurs parus dans les grands quotidiens italiens qui dévoilent certains des passages les plus croustillants du livre.
Deux sujets en particulier sont mis en valeur dans les extraits de «Sa Sainteté», que le supplément hebdomadaire du «Corriere della Sera» du 18 mai a révélés: une rencontre tenue secrète entre Benoît XVI et le président de la République italien Giorgio Napolitano en janvier 2009, mais surtout «l’Affaire Boffo». Gianluigi Nuzzi retrace dans le détail les dessous de cette affaire qui porte le nom de l’ancien directeur de l’»Avvenire», le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, au cœur d’une polémique qui l’avait contraint à démissionner en 2009.
Le journaliste fournit notamment des extraits d’un fax envoyé en janvier 2010 par Dino Boffo au secrétaire particulier de Benoît XVI, dans lequel il accusait Gianmaria Vian, directeur de «L’Osservatore Romano», d’avoir transmis à la presse une lettre anonyme sur une prétendue affaire de mœurs homosexuelles à l’origine de sa démission. Il met également en cause la responsabilité indirecte du cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège et, de ce fait, supérieur hiérarchique de Gianmaria Vian. S’en suit une série d’échanges – par téléphone ou par courrier – entre Mgr Georg Gänswein et Dino Boffo, relate Gianluigi Nuzzi.
La mention du nom du cardinal Bertone permet d’ailleurs au quotidien «Libero» d’évoquer une nouvelle fois l’hypothèse d’un «complot» ourdi contre le «numéro deux» du Saint-Siège, un thème récurrent dans la presse italienne. Avec une satisfaction à peine dissimulée, Gianluigi Nuzzi, par ailleurs auteur d’un livre à succès sur la «banque du Vatican», revient aussi sur l’année qu’il a vécue non sans peur au milieu de «corbeaux» du Vatican. Ces derniers lui auraient transmis, dans un contexte de «silences, d’attentes et de précautions maniaques», des documents par le biais de boîtes aux lettres situées en lieux sûrs.
S’il évoque en outre un groupe informel d’employés du Vatican désireux de «s’informer et partager», le journaliste concède néanmoins qu’il ne voit plus personne depuis l’institution d’une commission d’enquête par Benoît XVI en mars dernier, après les «Vatileaks», révélations en cascade de luttes de pouvoir au sein du Vatican. De son côté, «Libero» a retranscrit le témoignage de l’informateur de Gianluigi Nuzzi, qui lui aurait transmis des centaines de documents. Sous le pseudonyme de «Maria», cet informateur se dit désormais «libre, affranchi de l’insupportable complicité de ceux qui, tout en sachant, se taisent». (apic/imedia/cp/be)
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