Une même réalité, deux discours opposés
Zurich, 21 mai 2012 (Apic) Le directeur de Glencore, Ivan Glasenberg, a dessiné une fausse image du géant suisse des matières premières, dans une interview du «Tages-Anzeiger» du 16 mai 2012. Cette image est contraire à la réalité, estime Lucrezia Meier-Schatz, conseillère nationale PDC et présidente de l’œuvre d’entraide catholique «Action de Carême». Elle répond dans une lettre du lecteur, publiée le 21 mai, dans le quotidien zurichois.
Glencore achète auprès de divers agents d’affaires des matières premières extraites d’une mine au Congo qui appartient à une filiale de Glencore, accuse Lucrezia Meier-Schatz. Dans cette mine de la région de Tilwezembe, des enfants et des adolescents travaillent comme «mineurs informels».
Quand son directeur affirme que la multinationale fait du bien, il est pour «le moins cynique», écrit la présidente de l’œuvre d’entraide catholique. Si Glencore veut vraiment faire quelque chose pour le bien des populations des pays en développement, la société établie à Zoug doit entamer un dialogue direct avec la population concernée au Congo et prendre des mesures concrètes pour améliorer les conditions de vie des gens touchés par les activités de l’entreprise.
Glencore doit encore s’acquitter de la transparence promise, selon Lucrezia Meier-Schatz, ce qui serait «un pas important» dans le combat contre la corruption au Congo. La société n’a toujours pas publié le montant de ses recettes au Congo ni combien elle doit payer d’impôts dans ce pays.
Action de Carême et son homologue protestant Pain pour le prochain (PPP) ont accusé la société de générer des profits au détriment des droits humains et de l’environnement en Afrique, en avril dernier. Dans une étude, les ONG suisses reprochaient au groupe zougois de ne pas se soucier des mauvaises conditions de travail et d’exploiter des enfants. (apic/com/ggc)
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