Ce que contredit l’arrestation de Sajid Masih
Islamabad, 22 mai 2012 (Apic) Le gouvernement du Pakistan ne permettra à personne d’abuser de la loi sur le blasphème et de l’utiliser contre les minorités religieuses ou contre les strates les plus vulnérables de la société, a promis le président du Pakistan, Asif Ali Zardari. Il a tenu ces propos lors de sa récente rencontre avec le Père Robert McCulloch, missionnaire depuis plus de 30 ans au Pakistan et aujourd’hui Procureur général de la Société de Saint Colomban pour les Missions étrangères, rapporte l’agence d’information vaticane « Fides », le 22 mai 2012.
Le gouvernement promeut actuellement le dialogue interreligieux, a assuré le président Zardari, appréciant l’oeuvre de la communauté chrétienne dans le processus de développement socio-économique et culturel du Pakistan, notamment en matière de formation et dans les domaines de la santé et de l’instruction. A ses dires, le gouvernement a adopté « d’importantes mesures afin d’assurer la protection des minorités ». Dans ce contexte, il a rappelé l’augmentation du nombre de sièges au Sénat pour accueillir des députés des minorités. Le président Zardari a aussi réaffirmé la nécessité de promouvoir une « culture de l’harmonie ».
Sajid Masih a été arrêté pour blasphème, le 18 mai. Accusé à tort d’avoir brûlé des pages du Coran, ce chrétien de 22 ans de la province du Punjab endosse un délit commis par un musulman, Mohammad Sehar-Ul-Zaman.
Le musulman a déposé plainte au commissariat de police de la ville de Farooqabad, pour violation de l’article 295b du Code pénal (offense envers le Coran), déclarant que Sajid Masih avait brûlé des pages du Coran. En quelques heures, des centaines d’extrémistes musulmans se sont rassemblés devant le commissariat, demandant que « le blasphémateur » leur soit remis. Pour des raisons de sécurité, le chrétien a été transféré à la prison centrale de Sheikhupura, là où se trouve Asia Bibi, la jeune chrétienne condamnée à mort pour blasphème.
Les parents de Sajid ont confirmé la fausseté des accusations à la charge de leur fils. Un litige à propos d’un pari a éclaté entre Sajid et Mohammad. En colère, le musulman a brûlé des pages du livre saint, accusant ensuite son ancien ami. « J’ai toujours dit que les chrétiens ne respectent pas notre religion », criait-il dans la rue.
La famille veut présenter une demande de remise en liberté sous caution, a déclaré l’ONG « World Vision in Progress » qui a rencontré Inayat Masih, le père de Sajid.
Il s’agit d’une première. La ville de Figgia, en Italie, a nommé une rue Shahbaz Bhatti, ancien Ministre catholique chargé des minorités religieuses assassiné voici un an à Islamabad. L’hommage a été rendu le 19 mai, lors d’une cérémonie en présence des plus hautes autorités civiles et religieuses, et de Paul Bhatti, son frère, actuel Conseiller spécial du Premier Ministre pakistanais chargé de l’Harmonie interreligieuse.
Une bourse d’étude au nom de Shabaz Bhatti a été créée par l’aumônerie de l’Université de Foggia. Elle sera attribuée à un étudiant pakistanais choisi par le « Shahbaz Bhatti Memorial Trust », fondation privée mise en place par Paul Bhatti. L’initiative a été réalisée grâce à l’association « Archè » du professeur de l’Université de Foggia, Lorenzo Scillitani, et de l’Association des Pakistanais chrétiens en Italie. (apic/fides/pa/ggc)
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