Gabon: L’Eglise catholique et la société civile s’engagent contre les crimes rituels

Briser les barrières sociales et punir tous les auteurs de sacrifices

Libreville, 23 mai 2012 (Apic) Des représentants de l’Eglise catholique du Gabon et de la société civile ont exhorté les dirigeants du pays, à briser les barrières sociales et punir conformément à la loi, tous les auteurs de sacrifices humains ou crimes rituels, qu’ils ont qualifié «d’actes odieux».

Selon l’agence de presse gabonews.com, les auteurs de l’appel étaient en conférence-débat le 19 mai, à l’Institution Immaculée Conception de Libreville, la capitale, sur le thème: «La recrudescence des crimes rituels au Gabon, pourquoi et comment y mettre fin?».

Cette rencontre a constitué une plateforme de propositions pour lutter contre le phénomène récurrent de crimes rituels au Gabon. Elle a souligné la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation en langues vernaculaires sur le problème des sacrifices humains, par les églises et les hommes politiques, en collaboration avec le ministère de la communication. Cette action est prévue dans toutes les régions du pays, sachant qu’aucune d’entre elles n’est épargnée par ce phénomène. La conférence-débat était organisée par la commission Justice et Paix de l’archidiocèse de Libreville, en collaboration avec la société civile.

Au moins 100 victimes par année

L’Association de lutte contre les crimes rituels au Gabon (ALCR), estime que chaque année, pas moins de 100 personnes dont des femmes et des enfants sont victimes de sacrifice humain à travers le pays. Les médias gabonais ont rapporté que des personnalités politiques «intouchables» sont impliquées dans ces sacrifices. Ils augmentent souvent en périodes d’élections ou de formation d’un gouvernement, dans le but de se maintenir, d’être élu ou d’accéder à des postes au gouvernement. Beaucoup d’organisations dénoncent sans cesse cette pratique, mais la justice ne s’en est jamais saisie.

«Que nos gouvernants brisent les barrières afin que tous les citoyens soient logés à la même enseigne, afin qu’il y ait une justice plus équitable. Nous ne devons pas plaisanter avec la vie humaine», a déclaré Jean Elvis Ebang Ondo, président de l’ALCR, lors de la conférence. Même son de cloche du côté de l’Eglise catholique dont le représentant, le Père Jean Simon Eyene Nguelé a rappelé que la vie humaine est sacrée pour tous. «Pour l’Eglise, le droit à la vie est absolue. Le pape Benoît XVI, dans son document Africa Munus, nous recommande d’avoir une justice forte et indépendante, capable de rendre des sentences pour punir les auteurs des crimes», a-t-il souligné. (apic/ibc/bb)

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