Rencontre mondiale des familles à Milan
Rome, 30 mai 2012 (Apic) Le pape Benoît XVI doit arriver à Milan le 1er juin 2012 pour une visite de 3 jours à l’occasion de la Rencontre mondiale des familles. A cette occasion, l’agence I.MEDIA a rencontré le cardinal Angelo Scola, archevêque depuis tout juste un an d’un des diocèses comptant le plus grande nombre de catholiques.
Ancien patriarche de Venise, ville où le pape s’est rendu l’année dernière à la même époque, ce grand théologien évoque le rendez-vous milanais et la nécessité de redonner un second souffle au concept de famille.
Q: Qu’attendez-vous de la visite de Benoît XVI dans votre diocèse de Milan?
Cardinal Scola: J’attends ce que Jésus a demandé au pape: «Confirme tes frères». Tous les chrétiens milanais sont désireux du témoignage personnel de Benoît XVI et attendent son enseignement, car ils en connaissant la profondeur. L’attente est très intense, et je pense que notre Eglise en tirera un grand bénéfice.
Q: Vous avez récemment affirmé qu’il y avait encore un fort désir de famille dans la société. Mais les chiffres sont clairs : diminution des mariages, augmentation des divorces et des revendications d’institutionnalisation d’unions entre personnes du même sexe…
Cardinal Scola: Effectivement, tous veulent construire une famille, comme le montre la revendication des couples homosexuels d’avoir accès eux aussi à l’institution du mariage. Si ce n’est pas l’envie de famille qui manque, où est la difficulté ? Elle se trouve dans la relation homme-femme. C’est le couple qui est en difficulté, lui qui se trouve à la base de la famille. Le problème est qu’il faut être aidé, et c’est là qu’intervient l’importance du témoignage de la beauté de la famille. Il faut redécouvrir la vérité de la famille. Nous venons au monde marqués par une différence sexuelle. La fécondité de ce corps nous ouvre à la vie. C’est cela la réalité profonde de la famille.
Q: Comment expliquer l’échec de si nombreux couples?
Cardinal Scola: C’est lié avant tout au manque de témoignage positif de ce qu’est la famille, de la part des croyants mais aussi de tous les gens de bonne volonté. Les grands changements en cours dans la société sont également en cause en ce début de 3e millénaire : une certaine vision de l’évolution, une individualité qui est perçue comme rupture des liens et non comme leur approfondissement. C’est cette difficulté de l’homme d’aujourd’hui à trouver sa physionomie qui est reflétée dans les blessures de la famille. Or cette dernière pourrait être une ressource pour affronter ces contradictions.
Q: Comment proposer à nouveau le chemin de l’Eglise, sans paraître moralisateur ou dogmatique?
Cardinal Scola: Le témoignage a un rôle central. Il comprend le respect de l’Evangile et de la tradition de l’Eglise, mais doit être reproposé de façon incarnée. Chaque fidèle doit y mettre du sien, les évêques, les prêtres, mais surtout les familles. Elles doivent convaincre que cette façon de vivre l’amour entre un homme et une femme, dans la fidélité et l’ouverture à la vie, est la chose la plus souhaitable. Paroisses et mouvements ont leur rôle dans cette mission, et doivent aussi se pencher sur les familles blessées, mettre en évidence la beauté, expression de l’amour chrétien, soutenu par le pardon. Il ne faut pas avoir peur de la situation actuelle mais continuer de proposer ce qui est considéré comme beau, bon et vrai.
Q: Que peut faire le monde politique pour aider les familles?
Cardinal Scola: Les politiciens doivent avant tout avoir la capacité de faire un pas en arrière. Ils doivent gouverner, non pas tout gérer. Ils doivent enregistrer ce qui se passe dans la société civile. C’est pourquoi les chrétiens, en tant que citoyens, doivent être une force de proposition. Les politiciens doivent ensuite agir selon l’orientation majoritaire, dans le respect des droits fondamentaux.
Q: Que diriez-vous aux nombreux jeunes qui voudraient tenter l’aventure du mariage, mais n’osent pas, par peur de la précarité matérielle et sentimentale?
Cardinal Scola: Je leur dirais ce que nous enseigne l’Ecriture, ce que nous enseignent les grandes religions, ainsi que la grande tradition des peuples occidentaux, que si l’amour est plus fort que la mort, il nous fera surmonter ces précarités. Par ailleurs, comme citoyens sérieux, ils doivent lutter pour que ceux qui ont le devoir de garantir le développement harmonieux et la croissance économique dans la société prennent des décisions dans ce sens.
Benoît XVI se rend Milan pour participer, du 1er au 3 juin 2012, aux 3 derniers jours de la 7e Rencontre mondiale des familles. Ce déplacement comprend notamment une veillée avec les familles et une messe en plein air, ainsi qu’une rencontre avec des confirmands dans un stade de la capitale lombarde. Le pape va prononcer pas moins de 9 discours ou homélies.
Dans l’après-midi du vendredi 1er juin, à 17h, Benoît XVI arrivera à l’aéroport de Milan-Linate où il sera reçu par les autorités locales. Une demi-heure plus tard aura lieu une rencontre avec les habitants de Milan, sur la place de la cathédrale, au cœur de la ville. Le pape leur adressera un discours. Après une période de repos à l’archevêché, Benoît XVI se rendra au théâtre de la Scala, où un concert sera donné en son honneur à 19h30. Il prononcera un autre discours à cette occasion.
Le lendemain, samedi 2 juin, après la messe célébrée en privé à l’archevêché, le pape célèbrera les laudes à 10h dans la cathédrale de Milan avec les prêtres, religieux et religieuses du diocèse. Il leur proposera une méditation, avant l’adoration des reliques de saint Charles Borromée.
Une rencontre avec des confirmands est ensuite prévue à 11h15 au stade «San Siro». Il prononcera un autre discours et récitera la prière mariale de l’Angélus. A 17h, le souverain pontife recevra les autorités civiles à l’archevêché, et prononcera devant eux un nouveau discours.
Le soir, à 20h30, aura lieu l’un des temps forts de la Rencontre mondiale des familles, la «fête des témoignages», à laquelle sont attendues près de 300’000 personnes, sur le site de l’aérodrome de Bresso, au Nord de la ville.
Au dernier jour de son déplacement à Milan, le dimanche 3 juin, le pape retournera à l’aérodrome de Bresso pour y célébrer la messe à 10h et réciter la prière de l’Angélus à 12h. Benoît XVI recevra à l’archevêché, à 16h30, les membres de la «Fondation Milan familles 2012» ainsi que les organisateurs de sa visite.
Le pape s’envolera de l’aéroport de Milan-Linate à 17h30, après avoir pris congé des autorités locales. C’est ainsi que prendra fin la 2e participation de Benoît XVI à la traditionnelle Rencontre mondiale des familles. S’il était bien présent à Valence (Espagne) durant l’été 2006, le pape n’avait en revanche pas participé à la rencontre de Mexico en janvier 2009. Il était représenté par son secrétaire d’Etat, le cardinal Tarcisio Bertone. (apic/imedia/mm/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rencontre-mondiale-des-familles-a-milan/