Le choix des collaborateurs est un défi difficile
Rome, 31 mai 2012 (Apic) Alors que Benoît XVI a commenté pour la première fois en public, le 30 mai 2012, l’affaire des fuites de documents confidentiels du Vatican, plusieurs responsables de la curie ont confié leurs sentiments à la presse italienne. Ils reconnaissent à quel point il est difficile de gouverner l’Eglise et le Vatican.
Le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, dans une interview accordée à l’agence de presse italienne ’Ansa’, a souligné à quel point le choix des collaborateurs constituait un défi pour tout dirigeant, de l’Eglise comme de l’Etat. «Il existe de nombreux chefs d’Etat qui regrettent peut-être que certains ministres qu’ils ont eux-mêmes choisis ne soient plus d’accord avec eux», a expliqué le haut prélat, estimant que «le pape a aussi certainement ce problème». «Le cardinal Bertone, son premier collaborateur, doit à son tour choisir les autres personnes». C’est un «défi».
Le cardinal ghanéen réfute en revanche la thèse selon laquelle il y aurait trop d’Italiens dans la curie et dans le collège des cardinaux. Cette controverse, qui ressort à intervalles réguliers dans la presse, a été relancée avec l’affaire des ›Vatileaks’.
Selon certains observateurs, les fuites de documents confidentiels seraient symptomatiques de la lutte de pouvoir, en cours depuis des années, entre deux groupes d’Italiens. On oppose la ›vieille garde’ de prélats formés à ›l’Ecole des nonces’ et fidèles au cardinal Angelo Sodano, doyen du collège cardinalice, aux proches de l’actuel secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone. L’enjeu de ces luttes ne serait rien de moins que la préparation du prochain conclave pour la succession de Benoît XVI.
De son côté, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, reconnaît aussi l’existence de «problèmes» au sein de la curie romaine, avant d’en relativiser le caractère exceptionnel : «parfois, on marche dans la boue, il en a toujours été ainsi, d’une certaine manière c’est inévitable». Interrogé par les journalistes en marge d’un discours prononcé le 30 mai en ouverture de la Rencontre mondiale des familles à Milan, le cardinal a regretté «l’emphase excessive qui finit par véhiculer une image du Saint-Siège ne correspondant pas à la réalité».
Concernant l’état d’esprit de Benoît XVI, le haut prélat a cru cerner, bien que le pape ne le laisse en rien transparaître, une sorte d’»indignation, un sentiment manifesté par Jésus lui même», à ne pas confondre néanmoins avec de la colère. (apic/imedia/cp/mp)
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