«Soins palliatifs oui; euthanasie non!»

Belgique: L’archevêque Léonard dresse un bilan des dix ans de la loi sur l’euthanasie

Belgique, 5 juin 2012 (Apic) Dix ans après la légalisation sous condition de l’euthanasie en Belgique, Mgr André-Joseph Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, s’inquiète de voir que «les craintes exprimées en 2002 sont aujourd’hui réalité».

Dans une tribune publiée le 30 mai par La Libre Belgique, Mgr Léonard rappelle d’une part que la dépénalisation de l’euthanasie a «parfois ébranlé la confiance entre les membres d’une même famille ou à l’égard du corps médical» et «conduit subrepticement des personnes fragiles à penser qu’elles feraient bien de demander l’euthanasie». «Reste qu’une demande de mort doit le plus souvent être décryptée comme un appel au secours. Ce cri de détresse ne doit donc pas nécessairement être interprété comme une volonté de mourir à proprement parler. La réponse appropriée est alors de soutenir le désir de vivre en dignité qui se cache derrière la demande de mort. Et lorsque toute thérapie se révèle vaine ou, en tout cas, disproportionnée, des soins palliatifs de qualité doivent alors prendre la relève» ajoute le prélat.

D’autre part, il relève qu’à l’époque, «plusieurs précautions avaient été prévues par le législateur afin de circonscrire strictement le champ d’application de la loi […] Aujourd’hui, la Commission fédérale de contrôle est quasiment obligée de fermer les yeux sur des pratiques non conformes à la loi et avoue d’ailleurs explicitement son impuissance à contrôler efficacement son application».

L’inefficacité du contrôle

L’archevêque belge s’appuie en cela sur un rapport publié par l’Institut européen de bioéthique, qui relève «l’inefficacité du contrôle» de la commission fédérale mise en place en 2002 pour un contrôle a posteriori des pratiques. Mgr Léonard s’inquiète dès lors de l’élargissement du champ d’application de la loi, «sachant que des pratiques incontrôlables vont ensuite forcer le législateur à envisager de nouvelles extensions».

De fait, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité milite actuellement pour l’extension de l’euthanasie aux mineurs qui en font la demande et aux personnes démentes ou inconscientes qui en auraient fait la demande avant de ne plus pouvoir s’exprimer. La loi pourrait être élargie aussi pour les nouveau-nés, prématurés ou atteints de complications graves, dénonce Mgr Léonard.

«Il est des domaines où le bien commun exige que des ’oui’ ou des ’non’ très clairs soient prononcés. Dans le domaine de l’accompagnement de la souffrance et de la mort, le ’oui’ résolu à une présence compétente et aimante auprès des malades et des mourants est le véritable avenir de nos sociétés» conclut l’archevêque de Malines-Bruxelles. (apic/cx/rz)

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