Rome: Benoît XVI a présidé la messe de la Fête-Dieu à Saint-Jean-de-Latran

Mise en garde du pape contre la disparition post-conciliaire du sacré

Rome, 8 juin 2012 (Apic) La disparition du sacré dans la vie quotidienne «au nom d’une foi sécularisée» porte atteinte à l’éducation des jeunes et appauvrit la culture, a prévenu Benoît XVI lors de la messe qu’il présidait sur le parvis de la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran pour la Fête-Dieu, dans la soirée du 7 juin. Peu avant de prendre part à la procession du Saint-Sacrement à travers les rues de Rome, le pape a aussi rappelé l’importance de l’adoration dans la vie chrétienne jugeant qu’elle avait été pénalisée par une «interprétation unilatérale» du Concile Vatican II (1962-1965) qui avait privilégié l’assemblée liturgique.

Au fil de son homélie, le pape a déploré les «visions incomplètes du mystère eucharistique apparues dans un passé récent», dans plusieurs allusions explicites à la période post-conciliaire. «Le sacré a une fonction éducative», a ainsi expliqué Benoît XVI dans son homélie, «et sa disparition appauvrit inévitablement la culture, en particulier la formation des nouvelles générations».

Si la procession de la Fête-Dieu à Rome était «abolie au nom d’une foi sécularisée et n’ayant pas besoin de signes sacrés», a ensuite expliqué le souverain pontife, le profil spirituel de la capitale du catholicisme «serait aplati et notre conscience personnelle et communautaire en ressortirait affaiblie».

Benoît XVI a ensuite proposé un autre exemple, celui de parents «qui, au nom d’une foi désacralisée, priveraient leurs enfants de toute ritualité religieuse» et finiraient ainsi «par dégager de la place pour les nombreux substituts présents dans la société de consommation, à d’autres rites et d’autres signes qui pourraient plus facilement devenir des idoles».

L’importance de l’adoration

En outre, le pape a regretté qu’»une interprétation unilatérale du Concile Vatican II» ait mis l’accent sur la célébration eucharistique «au détriment de l’adoration». «Ce déséquilibre a eu des répercussions sur la vie spirituelle des fidèles», a assuré Benoît XVI, selon lequel concentrer «tout le rapport avec Jésus Eucharistie au seul moment de la messe» présente le risque «de vider de sa présence le reste du temps et de l’espace existentiels».

Selon le pape, le chrétien risque par conséquent de «moins percevoir le sens de la présence constante de Jésus au milieu de nous et avec nous, une présence concrète, proche, dans nos maisons, comme ›cœur qui bat’ dans la ville, dans le pays, dans le territoire avec ses différentes expressions et activités».

Après la messe célébrée devant la cathédrale de Rome, comme le veut la tradition, Benoît XVI a ensuite présidé – à bord d’un véhicule – la procession du Saint-Sacrement jusqu’à la basilique Sainte-Marie-Majeure, suivi par de nombreux fidèles.

La Fête-Dieu, appelée officiellement aujourd’hui ›fête du Saint-Sacrement’, fut célébrée pour la première fois à Liège (Belgique) en 1246. Elle fut étendue à toute l’Eglise par Urbain IV en 1264. L’Italie la célèbre depuis le 15e siècle. L’itinéraire actuel de la procession romaine remonte pour sa part au 16e siècle. Pour ce faire, Grégoire XIII (1572-1585) avait fait spécialement percer la via Merulana reliant les basiliques majeures de Saint-Jean-de-Latran et de Sainte-Marie-Majeure. Abandonnée en 1870 au moment de l’entrée des Italiens dans Rome et lorsque le pape se retira au Vatican, cette tradition avait été reprise par Jean-Paul II en 1979. (apic/imedia/cp/ami/bb)

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