Le sort des Tamouls au cœur des discussions
Rome, 8 juin 2012 (Apic) Benoît XVI a reçu en audience au Vatican le président du Sri Lanka, le 8 juin. Alors que Mahinda Rajapakse est régulièrement accusé par la communauté tamoule de discriminations à son encontre après le conflit qui a déchiré le pays de 1983 à 2009, le Saint-Siège a souhaité qu’il réponde «aux attentes légitimes» de tous.
Au cours de sa visite au Vatican, le président de la République démocratique socialiste du Sri Lanka a été successivement reçu par le pape et le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti. Il n’a pas rencontré le secrétaire d’Etat, le cardinal Tarcisio Bertone, en déplacement en Pologne.
Lors de ces différents entretiens, a rapporté un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège, il a été particulièrement question «des gestes accomplis pour favoriser le développement économique et social ainsi que la réconciliation entre les communautés touchées par le long conflit interne qui a déchiré le pays». Le Saint-Siège en a profité pour «souhaiter que l’on puisse parvenir rapidement à une solution globale et partagée, correspondant aux attentes légitimes de toutes les parties concernées».
En langage très diplomatique, le Saint-Siège a ainsi appelé les autorités de Colombo, largement pro cinghalaises, à respecter la communauté tamoule, qui fait encore état, 3 ans après la fin de la guerre, de persécution des minorités, de disparitions mystérieuses, d’enlèvements ou de mesures discriminatoires.
La violente guerre civile officiellement entamée en 1983 a pris fin en mai 2009 avec la reddition des Tigres tamouls, encerclés par l’armée sri lankaise, et la mort de milliers de civils dans l’assaut final. Depuis, à plusieurs reprises, le Saint-Siège a demandé à Colombo, y compris à travers des appels du pape, de libérer l’ensemble des réfugiés tamouls retenus dans des camps de l’Etat après la fin du conflit. L’Eglise catholique du pays est en première ligne dans l’aide aux réfugiés et aux civils victimes du conflit.
Dans le Nord du pays, l’évêque de Mannar est inquiété par les autorités pour son soutien aux populations tamoules. Mgr Rayappu Joseph a ainsi récemment interpellé le gouvernement sur les disparitions de près de 150’000 personnes durant la dernière phase de la guerre civile, entre 2008 et 2009.
Lors de sa visite au Vatican, la 3e en 5 ans, Mahinda Rajapakse, de confession bouddhiste, s’est entretenu une dizaine de minutes avec Benoît XVI, en présence d’un traducteur. Puis le président sri lankais a présenté au pape la dizaine de personnes qui l’accompagnaient, parmi lesquelles son épouse, de confession catholique, ou encore le ministre des Affaires étrangères.
Au cours du traditionnel échange de cadeaux, Mahinda Rajapakse a offert au pape un vase en terre cuite contenant plusieurs épices provenant du Sri Lanka, ainsi qu’un autre vase, en argent, orné de pierres précieuses. Quant à Benoît XVI, il lui a offert une gravure représentant la place Saint-Pierre.
A large majorité bouddhiste (près de 70%), le Sri Lanka compte quelque 13% d’hindouistes, 9% de musulmans et 8% de chrétiens. (apic/imedia/ami/bb)
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