Une «ligne rouge» à ne pas franchir

Tunisie: Le ministre des Affaires religieuses prévient toute violation des mosquées

Tunis, 15 juin 2012 (Apic) Noureddine Al-Khademi, ministre des Affaires religieuses de la Tunisie, a mis en garde contre toute « instrumentalisation politique ou idéologique » des mosquées. Elles sont « une ligne rouge qu’il est interdit de transgresser » a-t-il lancé lors d’une conférence publique sur « les mosquées en Tunisie après la révolution ».

Des troubles à caractère religieux provoqués par des salafistes secouent la Tunisie depuis près d’une semaine. Les incidents les plus graves ont eu lieu le 12 juin à Tunis et sa banlieue. « Squattez les mosquées, défendez l’islam, le jour J est arrivé », ont scandé ce jour-là, des hordes salafistes à El Intilaka, un quartier de la capitale. Une personne a été tuée, un tribunal incendié au cri de « Allahou Akbar » (Dieu est grand), des postes de police attaqués.

D’autres incidents ont eu lieu dans plusieurs régions, contraignant le gouvernement à instaurer un couvre-feu de 21h à 5h dans les gouvernorats de Tunis, Ariana, La Manouba, Ben Arous, Sousse, Jendouba, Monastir et la délégation de Ben Guerdane (gouvernorat de Médenine). A l’origine des violences se trouve une exposition d’œuvres d’art que les fanatiques musulmans ont considéré comme un sacrilège, a rapporté le quotidien tunisien La Presse. Parmi les œuvres exposées du 2 au 10 juin au palais d’Abdelia, à La Marsa, figuraient des bustes de femmes, entourées de pierres, qui évoquent la lapidation, ainsi que d’autres tableaux dénonçant visiblement l’extrémisme islamique. Toutes ces oeuvres ont été dévastées.

Des événements « contraires à la charia »

Pour le ministre tunisien des Affaires religieuses, un des défis de la révolution de janvier 2011 est la lutte contre la surenchère religieuse. Les événements de ces derniers jours sont « contraires à la charia (loi islamique), a-t-il dit, tout en appelant à protéger les lieux de culte et à désigner des imams compétents.

Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahdha, qui fait partie de la coalition au pouvoir, a accusé des responsables de l’ancien régime de Ben Ali d’avoir organisé les manifestations violentes. Lors d’une conférence de presse, le 13 juin, il avait appelé à un rassemblement pour le 15 juin, en vue de défendre « le sacré et les objectifs de la Révolution ». Mais cette manifestation a été interdite par le ministère de l’Intérieur. (apic/ibc/bb)

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