Vaud: Les Evangéliques déplorent l’acceptation du suicide assisté en EMS

Les Eglises doivent continuer leur soutien aux personnes mourantes

Lausanne, 18 juin 2012 (Apic) Le Réseau Evangélique Suisse (RES) regrette le oui du 18 juin 2012 des Vaudois au contre-projet sur le suicide assisté en EMS. Dans un communiqué, il met en garde contre un risque de banalisation et de contagion.

Pour le RES, ce texte ouvre une ère nouvelle en Suisse, un pays qui connaît déjà l’un des taux de suicide les plus élevés d’Europe. L’assistance au suicide n’est plus simplement tolérée, elle devient un droit. Cette banalisation du suicide est une mauvaise nouvelle. La décision est une offense à la vie, ce « don précieux et mystérieux qu’il s’agit de protéger et de respecter ».

Liberté de conscience du personnel bafouée

Les évangéliques redoutent également que les responsables d’EMS, le personnel soignant et les médecins opposés à l’assistance au suicide pour des motifs de conscience, soient désormais confrontés à un dilemme grave. L’application de cette loi les forcera à avaliser un acte allant à l’encontre de leurs convictions et de leur vocation de médecin. Une situation contraire à leur liberté de conscience, un droit pourtant protégé par la Constitution suisse.

Un message ambigu pour les personnes âgées

Dans une société vieillissante, le RES craint surtout que la pression sur les personnes âgées grandisse. En effet, le message véhiculé par cette décision est très ambigu. Il est essentiel que les personnes âgées et malades n’aient pas l’impression qu’elles sont de trop, qu’elles représentent des vies coûteuses et inutiles. Pour les Eglise évangéliques, tout doit être fait au contraire pour qu’elles se sentent valorisées, honorées, soutenues dans leur lutte de chaque jour pour continuer de vivre, malgré les forces diminuantes, que ce soit à travers un système de soins palliatifs performant ou à travers la qualité de l’accompagnement relationnel et spirituel qui leur est proposé.

Une société en besoin d’espérance

« La décision vaudoise vient aussi nous rappeler que l’Eglise doit porter un message d’espérance dans une société qui peine à aborder la question de la fin de vie sereinement. L’absence d’une espérance dans la vie après la mort nous empêche d’affronter la souffrance et la mort avec le courage nécessaire », avance Norbert Valley, président du RES. Plus que jamais, les Eglises doivent continuer à apporter leur soutien et à offrir un accompagnement aux personnes en fin de vie.

Le Réseau évangélique suisse (SEA/RES) regroupe environ 590 Eglises évangéliques et paroisses réformées en Suisse, 170 organisations chrétiennes ainsi que des membres individuels au sein de 81 sections locales, soit un peu plus de 40’000 personnes pour la Suisse romande. (apic/com/rz)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/les-eglises-doivent-continuer-leur-soutien-aux-personnes-mourantes/