Les homélies surveillées lors des messes
Lomé, 28 juin 2012 (Apic) «L’homélie va commencer, et j’invite les agents secrets à préparer leurs enregistreurs. Ils peuvent même sortir leurs caméras pour filmer s’ils veulent». Cette invitation du Père Luc Hodji, dimanche 26 juin 2012, à la paroisse du Saint-Esprit de Totsi, à Lomé, traduit l’état des relations entre l’Eglise catholique et le gouvernement du Togo.
Selon le groupe de presse «Liberté-Togo», ce cas est loin d’être isolé. Depuis un certain temps, nombre de paroisses catholiques sont infiltrées par des agents des services de renseignements qui se fondent dans la masse des fidèles. Ils ont pour mission de surveiller de les homélies des prêtres, de les enregistrer et les transmettre ’à qui de droit’.
Les paroisses les plus concernées sont celles dirigées par des prêtres qui se démarquent de l’attitude conciliatrice de la hiérarchie de l’Eglise catholique, dirigée par Mgr Denis Amuzu-Dzakpah, archevêque de Lomé, en faveur du régime de Faure Gnassingbé. Beaucoup de Togolais regrettent le ’silence diplomatique’ de l’Eglise catholique, face aux souffrances du peuple et avouent leur nostalgie de l’époque de Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, ancien archevêque de la capitale.
L’intervention musclée des forces de l’ordre dans une église de Lomé, mardi 12 juin, contre des manifestants qui s’y étaient réfugiés, a accentué le malaise entre l’Eglise catholique et le pouvoir. La Conférence épiscopale du Togo a condamné cette profanation. Elle a été marquée par des jets de grenades lacrymogènes contre les manifestants, ainsi que par des tirs dans l’enceinte de l’église et l’arrestation des employés de la paroisse.
Les évêques ont fustigé «fermement ces actes sacrilèges posés brutalement par nos forces de sécurité», tout en réclamant que les responsabilités soient établies, et que les instigateurs de cette violation soient rappelés à l’ordre. En signe de protestation, ils ont décidé la fermeture «jusqu’à nouvel ordre», de l’église paroissiale attaquée par les forces de l’ordre.
Le gouvernement togolais a présenté, publiquement, le 22 juin en Conseil des ministres, des excuses en bonne et due forme à l’Eglise catholique. Dans un communiqué, il a réitéré ses «vifs regrets aux autorités de l’Eglise catholique du Togo et à toute la communauté des croyants». (apic/ibc/mp)
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