Protéger davantage les populations exposées aux risques
Genève, 30 juin 2012 (Apic) Le Conseil oecuménique des Églises (COE) mène campagne pour que l’ONU protège davantage les populations et les communautés soumises aux risques des actuelles pratiques commerciales en matière d’armes. Des diplomates issus de près de 200 pays passeront le mois de juillet aux Nations unies pour négocier le Traité sur le commerce des armes.
«Le défi à relever, affirme le COE dans un communiqué diffusé le 29 juin, est d’assurer l’accès aux armes aux militaires, aux policiers et aux autres groupes censés les utiliser de manière légale et responsable, tout en interdisant ce même accès à tous les autres». A cet effet, des Eglises issues de plus de 30 pays mènent campagne pour assurer que le traité protègera les populations et les communautés menacées par le commerce des armes. Certains participants sont originaires de pays qui profitent de ce commerce tandis que d’autres viennent de pays qui en souffrent. Jusqu’à présent des représentants de la campagne ont rencontré plus de 20 gouvernements d’Afrique, d’Asie, d’Europe, des Amériques, dans le but d’élaborer des mesures pour que le traité soit fort et efficace.
«Chaque année des millions de vies sont anéanties ou perdues, à cause de la violence armée, et le manque de réglementation des exportations, importations et transferts d’armes a certainement sa part de responsabilité dans cette affaire», comme le souligne dans sa déclaration de février le COE pour guider la campagne. Cette déclaration stipule que 153 gouvernements ont décidé d’adopter «les normes internationales communes les plus strictes possibles» pour régir le commerce des armes conventionnelles, mais il met également en garde sur le fait que le traité devra prévenir les transferts d’armes à destination des États dont le gouvernement constitue une menace pour sa propre population ou pour d’autres États» et bloquer les transferts susceptibles d’être détournés vers des groupes armés, le crime organisé ou des contrebandiers.
La politique œcuménique stipule que le traité devra interdire les ventes d’armes, là où il y a un «risque concret» de les voir utilisées pour commettre des violations graves du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire, perpétuer un modèle de violence sexo-spécifique ou entraver gravement les efforts de développement. Ces positions sont partagées par un vaste éventail d’organismes de la société civile au sein d’une coalition connue sous le nom de «Contrôlez les armes».
La campagne menée par le COE vise la réduction de l’écart entre le nord et le sud qui façonne le commerce des armes. Des Églises situées dans des pays grands producteurs d’armes comme les Etats-Unis, la Suède, la Norvège mais aussi des Églises de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda et de la Sierra Leone font du travail de lobby, là où les armes importées continuent d’alimenter les conflits et la violence.
Les Églises exigent des contrôles plus stricts des deux côtés. Des vies humaines et des communautés seront épargnées si les revendeurs, les intermédiaires et les acheteurs sont tous tenus de respecter des standards plus stricts et plus cohérents et ce, tout au long de la chaîne d’approvisionnement, de l’hémisphère nord à l’hémisphère sud.
Plus de 100 leaders religieux de confession chrétienne, musulmane, juive ou autres ont signé une déclaration interconfessionnelle vis-à-vis des gouvernements pour soutenir un Traité sur le commerce des armes. La campagne œcuménique a démarré en octobre 2011 en collaboration avec des participants du Rassemblement œcuménique international pour la paix et avec l’appui du Comité executif du COE depuis le début de l’année.
Site internet : www.armstreatynow.org/fr/
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