Mali: Les islamistes détruisent plusieurs mausolées de saints à Tombouctou

Condamnation unanime au Mali et à l’étranger

Bamako, 1er juillet 2012 (Apic) Les groupes radicaux musulmans d’Ansar Dine (les gardiens de la religion musulmane) et du Mouvement pour l’unité et la jihade en Afrique de l’Ouest (MUJAO) détruisent depuis samedi, les mausolées de saints à Tombouctou, surnommé «la ville aux 300 tombeaux» ou «la cité des 333 saints». Ces actes ont provoqué une vague d’indignation et de condamnation, dans le pays et à l’étranger.

Ces deux groupes islamiques contrôlent depuis mars les villes de Gao et Tombouctou, au nord du Mali, imposant la charia. Selon radio France international, samedi ils se sont armés de marteaux et de haches pour détruire plusieurs tombeaux des grands érudits de Tombouctou, créant le choc dans la population. «Ils sont venus, dès cinq heures du matin, pour casser les mausolées de tous les saints du cimetière Sidi Mahmoud. Ils ont entièrement détruit cinq à six mausolées», raconte un témoin de la scène. «Ils avaient des marteaux, des haches, des pelles. Ils étaient nombreux. Une dizaine de personnes. Ils ont employé de grands moyens pour tout détruire», a-t-il poursuivi. Cet habitant a aussi confié que la population était «très, très en colère, car le mausolée c’est le symbole de Tombouctou.»

Pour Sanda Ould Boumama, représentant du mouvement Ansar Dine à Tombouctou, détruire les mausolées est une manière de se mettre en conformité avec la charia. Il n’est pas autorisé, en islam, de construire un monument sur une tombe. «L’être humain ne doit pas s’élever plus haut que Dieu. Pour nous, c’est charia, charia et c’est tout! On va faire ce qui est recommandé dans la charia», a-t-il lancé. Selon lui,»lorsque le prophète est entré dans La Mecque, il a dit qu’il fallait détruire tous les mausolées. C’est ce que nous répétons».

Indignation générale

Au nom du gouvernement malien, Hamadoun Touré, ministre de la Communication a condamné «énergiquement» ces destructions des mausolées. Leurs auteurs s’exposent à des poursuites au niveau national et international, a-t-il souligné, ajoutant que «le gouvernement dénonce cette pratique obscurantiste». De ce fait, le gouvernement a décidé de saisir la Cour pénale internationale. «Nous voulons dire au monde que nous avons affaire à des terroristes qui sont sans foi ni loi. Et c’est inacceptable». Bamako dénonce aussi «une furie destructrice assimilable à des crimes de guerre».

La France, à travers le ministère des affaires étrangères, s’est, elle aussi, élevée conte «la destruction délibérée de mausolées de saints musulmans par un groupe islamiste extrémiste», condamnant cet «acte intolérable». Dans un communiqué, elle en a appelle à la fin des violences dans le nord du Mali.

Le Maroc appelle à une intervention urgente et conjointe des Etats islamiques et de la communauté internationale pour protéger le riche patrimoine malien, en cours de destruction.

Début mai, des islamistes armés avaient déjà profané le mausolée du Cheikh Sid Mahmoud ben Amar, un des grands érudits de Tombouctou. (apic/ibc/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/condamnation-unanime-au-mali-et-a-l-etranger/