Sénégal: L’Eglise catholique déploie des observateurs lors des législatives

Craintes d’une percée du nationalisme religieux

Dakar, 2 juillet 2012 (Apic) Les observateurs redoutent une percée du nationalisme religieux lors des élections législatives sénégalaises du 1er juillet 2012. L’Eglise catholique du Sénégal, à travers sa Commission épiscopale Justice et Paix (CJP), a déployé, le 1er juillet 2012, 865 observateurs et superviseurs pour les élections. L’action a été réalisée dans le cadre d’une plateforme des organisations de la Société civile. Abstentionnisme record attendu.

L’archidiocèse de Dakar a communiqué que l’observation de l’élection est «l’ultime étape» de l’engagement de l’Eglise catholique du Sénégal dans le processus électoral. Les premières étapes étaient «la promotion du dialogue et de la concertation entre citoyens, hommes et femmes politiques et acteurs de la Société civile. Ensuite, la mobilisation sociale à travers des campagnes de sensibilisation sur l’importance du vote comme droit et devoir du citoyen».

Les Sénégalais se sont peu mobilisés, le 1er juillet 2012, pour renouveler les 150 députés de leur Assemblée nationale. Le 2 juillet 2012, certaines sources indiquent un taux de participation inférieur à 40%. Ces élections ont eu lieu trois mois après une présidentielle remportée par Macky Sall, du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Le nouveau président espère obtenir une large majorité au Parlement. Selon les premiers résultats, la coalition pro-Sall «Benno Bokk Yakaar» arriverait largement en tête.

L’envol des marabouts

Une autre inquiétude est les scores que réaliseront les candidats des quelque cinq coalitions de partis religieux. Pour la première fois, au Sénégal, des prêcheurs islamiques, fils de marabout ou membres de familles maraboutiques sont investis têtes de liste ou figurent en bonne place dans les listes électorales. Le journal «Le Quotidien» de Dakar estime que leur éventuelle élection pourrait «constituer le pire, l’émergence d’un nationalisme religieux dans un pays où la laïcité est un acquis à préserver».

Selon Mame Makhtar Guèye, secrétaire général du Rassemblement pour la démocratie au Sénégal, les religieux sont désormais «conscients de leur force, jadis tapie dans l’ombre. Maintenant, ils ont décidé de transformer leurs disciples en militants».

La prochaine Assemblée nationale sera marquée par une présence massive des femmes. Ceci est dû à l’entrée en vigueur d’une loi sur la parité intégrale qui impose aux partis d’investir autant d’hommes que de femmes et de manière alternative. (apic/com/rz)

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