Rome: Mission complexe pour le nouveau conseiller en communication de la Secrétairerie d’Etat
Rome, 3 juillet 2012 (Apic) Le journaliste Greg Burke, ancien correspondant de la chaîne américaine Fox News à Rome, a entamé le 2 juillet 2012 sa nouvelle mission de conseiller en communication de la Secrétairerie d’Etat du Vatican. A 52 ans, ce laïc consacré membre de l’Opus Dei, ancien correspondant du magazine d’information américain Time et collaborateur d’I.MEDIA, répond avec franchise et humour à quelques questions concernant son tout nouveau travail.
Question: En quoi consistera votre travail?
Greg Burke: C’est un peu une mission impossible! Non, j’exagère, mais ce sera difficile. Pour autant, je ne voudrais pas cracher dans la soupe, car c’est un très beau travail et, surtout, un très beau et très grand défi, ainsi qu’un travail à inventer. Il est tout à fait possible de bien formuler le message du pape et de l’Eglise, de voir précisément ce que nous voulons transmettre. En revanche, il sera plus compliqué de bien coordonner cette communication dans un environnement complexe comme le Saint-Siège, où il y a aujourd’hui beaucoup d’électricité statique avec les affaires de la ’banque’ du Vatican, du majordome du pape, etc.
Mon rôle sera de ramener au message fondamental de Benoît XVI: «Dieu est amour», «Si tu connais Jésus, tu seras heureux»… Ce n’est pas un petit défi! Je ne sais donc pas grand-chose de mon travail, mais je sais ce qu’il n’est pas. Ainsi, je ne suis pas le ’porte-parole’, je ne travaille pas au Bureau de presse du Saint-Siège, mais à la Secrétairerie d’Etat.
Q: Justement, certains ont dit que vous alliez donner des directives au directeur du Bureau de presse. Est-ce le cas?
GB: Si mon bureau est au 3e étage du Palais apostolique et que celui du Père Lombardi est au rez-de-chaussée du Bureau de presse, je ne serai pas au-dessus de lui! Nous avons les mêmes chefs et nous devrons beaucoup travailler ensemble. Il m’a dit que ce que nous aurions principalement à faire serait de bien préparer les évènements, afin de transmettre correctement le message de l’Eglise. En effet, j’ai déjà reçu beaucoup de mails de services de presse catholiques à travers le monde qui me disent que, lorsqu’une information leur arrive, ils reçoivent des appels de journalistes dans le quart d’heure qui suit, mais qu’ils ne sont pas préparés à répondre. Parfois, bien sûr, il n’y a pas moyen de se préparer.
Q: Est-ce que l’on se dirige vers une communication d’Eglise qui ne soit pas toujours sur la défensive, occupée à faire des démentis, mais qui soit en mesure de proposer des informations positives?
GB: C’est certainement cela la communication efficace. J’aime beaucoup le foot et, si tu joues trop en défense, étrangement, tu prends des buts. Mais dans la vie, c’est comme dans le foot. Il n’est pas évident de faire en sorte qu’une équipe qui joue toujours en défense se mette à attaquer. C’est une question de mentalité.
Q: Serez-vous associé aux réunions de stratégie au sein de la Secrétairerie d’Etat?
GB: Je n’en sais rien, mais on m’a fait comprendre que je ne serais pas au 3e étage, dans les bureaux de la Secrétairerie d’Etat, uniquement parce qu’il y a un bureau de libre! Mes supérieurs sont l’assesseur et le substitut, avec qui je travaillerai en étroite collaboration.
Q: En quoi vont consister vos journées?
GB: Je vais lire l’Annuaire pontifical, prendre un café à la Bibliothèque vaticane, me balader dans la Chapelle Sixtine en entrant par la porte de derrière, jouer au golf l’après-midi… (rires). En fait, la première chose que je vais faire sera de m’informer de toutes les dernières nouvelles, de ce qui se prépare. Et je vais suivre encore plus qu’avant les informations qui sont publiées sur le Vatican.
Q: Vous connaissez de l’intérieur le monde des ’vaticanistes’. Est-ce une richesse pour votre travail?
GB: C’est probablement une richesse mais, en même temps, c’est un véritable problème… Les journalistes sont tous mes amis, et ceux qui ne l’étaient pas encore le sont devenus ces derniers jours! C’est donc une richesse, mais aussi un risque pour ma santé mentale, car ils risquent tous de m’appeler.
Q: Greg, vous avez quelque chose à ajouter?…
GB: Oui, merci I.MEDIA! (apic/imedia/ami/ggc)
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