Lorsque le pape était ›un jeune théologien sans grande importance’
Rome, 9 juillet 2012 (Apic) En passant près d’une heure à la maison religieuse de la Société du Verbe Divin, située en retrait du petit village de Nemi, dans la matinée du 9 juillet 2012, Benoît XVI a retrouvé brièvement l’atmosphère de ce qui reste son «plus beau souvenir de tout le Concile Vatican II», à savoir les quelques jours passés en tant qu’expert à travailler sur le décret conciliaire Ad Gentes. Le pape s’est ainsi rappelé de ce printemps 1965 où, à 38 ans, il était encore «un théologien sans grande importance» entouré «de nombreux grands théologiens».
Parti de Castel Gandolfo en fin de matinée, Benoît XVI a parcouru en voiture les routes sinueuses de la région des ›Castelli Romani’, à l’ombre fraîche des sapins, pour arriver Nemiquelques minutes plus tard sur les hauteurs de Nemi. Le pape a été accueilli par le Père Heinz Kuluke, nouveau supérieur général de la Société du Verbe Divin, et par son prédécesseur, le Père Antonio Pernia. Le procurateur général, le Père Giancarlo Girardi, était également présent à l’entrée du Centre ›Ad Gentes’ pour souhaiter la bienvenue au pape.
Benoît XVI s’est alors rendu dans la chapelle du centre où il a été acclamé par les 150 prêtres qui participent actuellement au 17e Chapitre général de cette congrégation missionnaire et de la communauté de la curie généralice de Rome. Dans une brève allocution, le Père Pernia a vivement remercié le souverain pontife pour sa visite, en y voyant «un cadeau inattendu qui a dépassé les espérances» des membres de sa congrégation.
Improvisant un bref discours en italien, le pape s’est dit très reconnaissant d’avoir la possibilité de revoir le centre des Pères verbites de Nemi 47 ans après son premier séjour, dont il garde «un très beau souvenir, peut-être le plus beau souvenir de tout le Concile». «J’habitais alors dans le centre de Rome, au collège de Santa Maria dell’Anima (la paroisse allemande de la capitale italienne, ndlr), avec le bruit, la beauté», s’est-il souvenu. «Mais être ici au milieu de la verdure, sentir le souffle de la nature, la fraîcheur de l’air, c’était déjà en soi quelque chose de beau», a confié le souverain pontife.
Dans son allocution, Benoît XVI, visiblement détendu et reposé, a aussi évoqué le souvenir de «la compagnie de nombreux grands théologiens» qui avaient la «belle charge de préparer le décret sur la mission» du concile, en particulier le Père dominicain français Yves Congar.
Le pape a ensuite rendu hommage au supérieur général de l’époque, le Père Schütte, qui manifestait un grand «dynamisme missionnaire». A ses côtés se trouvait «un théologien sans grande importance, très jeune, invité je ne sais pourquoi», a aussitôt ajouté le pape en parlant du théologien de 38 ans qu’il était alors, avec la modestie qui le caractérise. «C’était un grand don pour moi», a précisé Benoît XVI.
Le pape a ensuite reçu plusieurs cadeaux, dont une statue oblongue en bois sculpté représentant la Vierge Marie et un panier rempli de petits gâteaux. Après s’être prêté de bon cœur aux traditionnelles poignées de main, Benoît XVI est ressorti de la chapelle, une canne à la main mais le pas ferme et décidé, pour admirer la vue spectaculaire qu’offre le centre ›Ad Gentes’. D’une part la campagne romaine et la Méditerranée ; de l’autre, le lac de Nemi. A la vue de cette étendue d’eau couleur émeraude, Benoît XVI s’est laissé transporter par des souvenirs remontant au Concile Vatican II mais qui étaient encore visiblement vifs dans son esprit. (apic/imedia/mp)
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