Les non-musulmans peinent à faire respecter leur place
Islamabad, 15 juillet 2012 (Apic) Le gouvernement pakistanais a approuvé le 11 juillet 2012 une réforme qui augmente le nombre des sièges réservés à l’Assemblée nationale aux minorités religieuses. Les minorités ont bien accueilli cette mesure, mais elles rappellent que dans le monde politique comme dans la société, les non-musulmans ont chaque jour plus de mal à faire respecter leur place.
Depuis un an les minorités avaient déjà la possibilité de siéger au Sénat, du moins en théorie, indique l’agence d’information des Mission étrangères de Paris ’Eglises d’Asie’. A l’Assemblée nationale, qui compte 342 députés, les minorités religieuses, hindous, chrétiens, sikhs et parsis verront le nombre de leurs représentants passer de 10 à 15. Dans les Assemblées provinciales, où siègent actuellement un total de 23 représentants non musulmans, de nouveaux sièges seront attribués aux minorités religieuses.
Akram Masih Gill, chrétien et ministre d’Etat pour l’Harmonie nationale, s’est félicité de cette réforme, «fruit d’un effort considérable». Il a estimé que les minorités religieuses en étaient arrivées «à désespérer et à penser que le gouvernement se désintéressait de leur sort».
Au sein des minorités religieuses, l’annonce de la réforme a été bien accueillie mais sans enthousiasme excessif. Certains font valoir que les minorités continuent d’être très largement sous-représentées au Parlement. Certains leaders indiquent que ce ne sont pas cinq députés et quatre sénateurs de plus qui feront la différence. Ce d’autant plus qu’au sénat les quatre sièges destinés aux représentants des minorités religieuses sont toujours vacants, les différents partis présents à la Chambre haute n’ayant pas réussi à se mettre d’accord sur le choix des nouveaux sénateurs. Selon Peter Jacob, secrétaire exécutif de la Commission ›Justice et Paix’ de l’épiscopat catholique du Pakistan, le principe même des sièges réservés n’est pas souhaitable en soi car il «encourage un système d’apartheid religieux et nie les principes d’égalité démocratique».
Kanwal Feroz, rédacteur en chef d’un mensuel chrétien, souligne que la tentation de l’émigration est forte chez les chrétiens, notamment parmi les jeunes. «Le désespoir augmente à chaque fois qu’un auteur de violences antichrétiennes échappe aux poursuites judiciaires.» Un prêtre catholique rappelle que la bande blanche située sur le quart droit du drapeau pakistanais symbolise les minorités religieuses, tandis que la couleur verte, l’étoile et le croissant sont des symboles de l’islam. «Si le gouvernement ne veut pas s’occuper des problèmes que nous rencontrons, qu’il supprime donc cette bande blanche !», affirme-t-il sous le couvert de l’anonymat. (apic/eda/mp)
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