Rome: Le majordome de Benoît XVI en résidence surveillée à son domicile

Paolo Gabriele affirme ne faire partie d’aucun réseau interne ou externe

Rome, 22 juillet 2012 (Apic) Après deux mois de détention, le majordome du pape, Paolo Gabriele, seul suspect officiel dans l’affaire des Vatileaks, a été assigné à résidence le 21 juillet à son domicile situé dans l’enceinte au Vatican, a indiqué le porte-parole du Saint-Siège le même jour. Par ailleurs, devant la presse, les avocats du majordome, Carlo Fusco et Cristiana Arru, ont expliqué que Paolo Gabriele ne faisait partie d’aucun réseau interne ou externe au Vatican, ajoutant qu’il avait agi par amour du pape et non pour de l’argent.

Le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a ainsi indiqué dans une note que le juge d’instruction du tribunal de l’Etat de la Cité du Vatican, Piero Bonnet, avait constaté que «le maintien de l’accusé en état d’arrestation n’était plus rendu nécessaire par les exigences de l’instruction» après le long interrogatoire qui s’est déroulé dans la journée du 21 juillet. Aussi, Piero Bonnet «a décidé d’accorder à Paolo Gabriele le bénéfice de (…) l’assignation à résidence, après fourniture des garanties nécessaires», a indiqué le jésuite.

Le majordome de Benoît XVI réside désormais à son domicile avec sa famille, au Vatican, «en respectant les indications données par le juge en ce qui concerne les contacts et rapports avec d’autres personnes».

Les prochaines étapes de la procédure, que l’on attend d’ici quelques jours, seront «le réquisitoire du promoteur de justice en ce qui concerne la responsabilité pour le délit de vol aggravé, puis le jugement de renvoi ou d’acquittement par le juge d’instruction».

Dans sa note, le Père Lombardi a également évoqué le travail effectué par les cardinaux Julian Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi, chargés par Benoît XVI de faire toute la lumière sur les fuites de documents confidentiels provenant du Vatican. La commission cardinalice «a fait parvenir ces jours-ci au pape le rapport qui conclut ses travaux», a indiqué le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

Ni réseaux ni complots

Lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée dans les locaux de Radio Vatican dans la soirée du 21 juillet, les deux avocats de Paolo Gabriele ont précisé qu’il n’y avait «pas de réseaux ni de complots internes ou externes au Vatican qui fassent référence à Paolo Gabriele».

En outre, Carlo Fusco a exclu «de la manière la plus absolue» la possibilité que le majordome du pape ait agi pour de l’argent. «Il n’a reçu ni argent ni avantages personnels indirects», a ajouté sa consœur Cristiana Arru. Au contraire, «les motivations qui l’ont conduit à accomplir des actes déterminés sont toutes à caractère privé», ont assuré les avocats, avant de confier: «Paolo a répété, à nous et au juge, qu’il a toujours été poussé par le désir de faire quelque chose qui soit une aide et une marque d’amour pour le pape».

«Maintenant, a poursuivi l’avocat Fusco devant les journalistes, les modalités sont évidemment subjectives et prêtent à discussion mais il reste une motivation à caractère idéaliste». Comme on lui demandait si une façon de comprendre l’affaire concernant Paolo Gabriele était que celui-ci avait voulu aider le pape dans son œuvre de purification de l’Eglise, Carlo Fusco a répondu: «C’est une grille de lecture. Il y en a une autre, celle qui fait référence à quelqu’un qui se sent soumis à de fortes pressions et à un fort stress dans son cadre de travail». A la presse qui lui demandait si le majordome du pape se repentait, l’avocat a reconnu que, «effectivement, Paolo avait pu réfléchir longuement et il était arrivé à la conclusion que sa méthode n’était pas bonne». (apic/imedia/cp/bb)

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