Appel à rehausser les droits des chrétiens et des juifs dans la Constitution
Le Caire, 23 juillet 2012 (Apic) L’université al-Azhar, au Caire, a appelé, à la mi-juillet 2012, la commission constituante égyptienne, à établir un article séparé sur les droits des minorités religieuses. L’Université déplore l’ambiguïté de la référence aux chrétiens et aux juifs et son intégration dans l’article définissant l’islam comme religion d’Etat.
«L’islam est la religion de l’Etat et l’arabe est sa langue officielle. Les principes de la loi islamique (charia) sont la principale source de législation.» C’est ainsi que l’assemblée constituante égyptienne a proposé, à la mi-juillet 2012, la rédaction de l’article 2 de la loi fondamentale, rapporte l’agence d’information catholique AsiaNews, le 20 juillet. L’assemblée envisage de rajouter un paragraphe selon lequel, «les chrétiens et les juifs devront recourir à la législation dérivée de leur propre religion.»
Pour Mohammed Abdel Salam, conseiller du grand Cheik d’al-Azhar et membre de la constituante, «l’article, tel qu’il est, est ambigu. Il ne dit en effet rien à propos des principes de la charia auxquels se référer. Et l’alinéa sur les chrétiens peut être mal interprété.» Al-Azhar préconise l’ajout d’un article séparé qui stipulerait que les chrétiens sont soumis à leurs propres règles religieuses.
L’article 2 de la Constitution égyptienne déterminant l’islam comme religion d’Etat date de 1971. Le grand Cheik d’al-Azhar, Ahmed al-Tayyeb a appelé à le conserver tel qu’il est, du moment qu’il a toujours été pleinement accepté par «toutes les forces nationales». Les Salafistes ont pourtant tenté de faire retirer du texte, le terme «principes» (de la loi islamique), afin que la charia puisse être plus largement appliquée, rapporte, le 19 juillet, le quotidien égyptien «Egypt Independent». La constituante a décidé que le terme serait conservé et qu’al-Azhar serait l’institution de référence pour la détermination des «principes».
Certains experts pensent que l’établissement d’un article séparé sur les droits des minorités religieuses protégerait les chrétiens en tant que minorité. Cela augmenterait néanmoins leur isolement du reste de la société. (apic/ag/rz)
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