Les nationalistes hindous et les maoïstes vandalisent pour «l’identité culturelle» du pays

Népal: Le gouvernement et l’ONU condamnent les attaques contre des écoles privées

Katmandou, 2 août 2012 (Apic) Le gouvernement népalais a dénoncé, le 27 juillet, les récentes attaques par les nationalistes hindous et maoïstes de dizaines d’écoles privées du pays en lien avec l’étranger, rapporte le 31 juillet «Eglises d’Asie», l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Les institutions internationales avaient condamné, le 24 juillet, ces actes de vandalisme.

Les jeunes militants des partis maoïstes et de la branche extrémiste du Congrès népalais ont commencé leurs attaques le 15 juillet 2012. Ils ont saccagé six écoles privées, détruisant les installations et le matériel scolaires. Puis de jeunes maoïstes ont attaqué six autres collèges privés portant des noms anglais. D’autres attaques ont été rapportées pour les jours suivants, dont les incendies de deux bus de transport scolaire, qui n’ont pas fait de victimes.

Condamnations tous azimuts

Le 27 juillet, le président du Népal, Ram Baran Yadav, a publié une déclaration exprimant sa préoccupation au sujet de ces actes de violence.

Cette déclaration a suivi la condamnation, le 24 juillet, par les représentants au Népal des Nations Unies, de la Commission des droits de l’homme, de l’UNICEF et de l’UNESCO. Les organisations internationales ont déclaré dans un communiqué commun que «de tels actes vont à l’encontre du droit des enfants à recevoir une éducation dans un environnement exempt de toute violence ou insécurité : des vies d’enfants ont été mises en danger et leur droit à l’éducation bafoué».

La présence étrangère au Népal en ligne de mire

Les militants nationalistes ont justifié leurs actions au nom d’une campagne contre «les inégalités dans le système éducatif népalais»et l’utilisation de noms étrangers pour les établissements scolaires. Les écoles privées visées avaient toutes en commun de recevoir des fonds de l’étranger ou d’être dirigées par des organismes extérieurs au pays. Il semble que seuls les établissements dirigées par les jésuites aient été pour le moment épargnés par la vague de violence.

Sharad Rasaili, coordinateur de la «All Nepal National Independent Students´ Union», une organisation maoïste, a expliqué que ces attaques étaient des actes symboliques destinés à se faire entendre du gouvernement pour dénoncer les coûts de scolarité élevés de ces établissements dus à «des malversations financières honteuses». Le militant maoïste a également estimé que ces écoles portaient atteinte à «l’identité nationale et culturelle du pays»

Un gouvernement pas si opposé aux thèmes nationalistes

Parallèlement, une pétition a été déposée devant la Cour Suprême du Népal le 23 juillet réclamant un contrôle plus sévère des écoles privées, dénonçant des frais scolaires trop coûteux qui «creusent le fossé entre le niveau du public et du privé». Le texte demande que des noms népalais soient attribués à toutes les écoles, places et clubs au Népal ayant des dénominations étrangères.

Ces revendications semblent avoir l’aval du gouvernement, lequel a annoncé «réfléchir à la question» et préparer des réformes concernant les écoles privées pour les mois prochains. Certains médias ont stigmatisé l’impunité patente dont jouissaient les auteurs des actes de violence qui ne se cachent pas et n’ont même pas été inquiétés par la police.

Pas de rétablissement d’un Etat hindou

Face à la vague de panique que cette flambée du nationalisme a provoqué parmi les minorités religieuses, particulièrement visées par ces attaques, Subash Nemwang, ancien porte-parole de l’Assemblée Constituante, a déclaré le 29 juillet 2012 que la nouvelle Constitution entérinerait la laïcité de l’Etat. Aucun «retour en arrière», comme la réhabilitation d’un Etat hindou, n’a été envisagé par les parlementaires, a souligné le politicien népalais.(apic/eda/rz)

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