Benoît XVI impliqué par l’accusation
Hartford (Etats-Unis), 5 août 2012 (Apic) Le refus du Vatican de laisser le diocèse de Norwich, dans l’Etat du Connecticut, renvoyer un prêtre accusé de pédophilie pourrait jouer un rôle dans le procès que des victimes intentent au diocèse, rapporte le 4 août le quotidien du Connecticut, «The Hartford Courant». Des femmes disant avoir été abusées par le Père Thomas Shea dans les années 70, accusent le diocèse de Norwich d’avoir maintenu le clerc dans ses fonctions en ayant connaissance de ses agissements. Une lettre du diocèse demandant en 2005 à la Congrégation pour la doctrine de la foi de renvoyer le Père Shea avait reçu une réponse négative. L’actuel pape Benoît XVI, qui dirigeait à l’époque la congrégation vaticane, se voit reprocher par les avocats des plaignantes d’avoir été à l’origine du refus.
«La dévastation causée par le Père Shea est d’une ampleur stupéfiante», c’est en ces termes que l’archevêque de Norwich, Mgr Michael Cote a écrit en 2005 au cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’organe de l’Eglise catholique chargé de décider, en particulier, du renvoi des clercs. Mgr Cote expliquait précisément que le Père Shea était mis en cause dans 15 cas crédibles d’abus sexuels sur des jeunes filles de moins de 18 ans, dont l’une avait tenté de se suicider à trois reprises.
Le prélat demandait dans sa lettre le renvoi symbolique du prêtre, ce dernier n’étant plus actif. L’archevêque soulignait que les personnes directement affectées par le comportement du Père Shea, de même que l’ensemble du peuple de Dieu, «salueraient son renvoi».
La Congrégation vaticane avait répondu un mois plus tard que son retrait et son interdiction de porter l’habit et de célébrer la messe étaient des mesures suffisantes.
Le Père Shea est décédé en 2006, mais ses prétendues victimes accusent le diocèse de Norwich d’avoir dissimulé les résultats d’une enquête interne qui révélait sa culpabilité. La procédure devrait commencer le 6 aôut 2012.
«The Hartford Courant» note que Benoît XVI a déjà été critiqué pour ses actions dans des cas similaires. En 2011, dans le Wisconsin, des documents auraient fait surface démontrant qu’un évêque lui avait écrit une lettre demandant le renvoi d’un prêtre accusé d’abus sexuels. Mais l’affaire aurait été donnée sans suite après que le prêtre en question eut à son tour écrit au pape de renoncer au procès. (apic/com/rz)
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