Canada: Découverte du patrimoine religieux en suivant les croix de chemin

Un héritage breton

Montréal, 6 août 2012 (Apic) Il n’y a pas beaucoup de symboles plus fort et plus distinctif de la présence francophone au Canada que la croix de chemin, écrit le journal canadien d’expression francophone «Le Droit». Cet héritage breton a traversé la mer avec Jacques Cartier, écrit le journaliste Mathieu Bélanger.

«C’est lui qui a planté la toute première croix ici, plus précisément à Gaspé, en 1534. La tradition d’utiliser la croix pour marquer l’appartenance catholique sur une terre s’est ensuite transmise de père en fils, jusqu’à devenir une norme». On se servait de la croix pour invoquer la protection divine sur les champs ou les villages. Elle pouvait aussi indiquer le lieu d’un événement marquant ou encore faire office de borne routière à la croisée des chemins.

A une époque pas si lointaine, il y a une soixantaine d’années, presque chaque rang canadien-français (forme d’habitat de long des cours d’eau typique de la Nouvelle-France) avait une croix. L’urbanisation et l’élargissement des routes ont toutefois eu raison d’innombrable croix de chemin. Elles ont disparu, presque toutes, dans la plus grande indifférence, pour faire place au «progrès», déplore Mathieu Bélanger.

Il reste entre 2’500 et 3’000 croix de chemin au Québec

Il en reste entre 2’500 et 3’000 au Québec. Pas plus d’une centaine en Ontario, majoritairement concentrées dans les Comtés unis de Prescott et Russell. L’Acadie en compte une trentaine, tout comme le Manitoba. En Outaouais, on en trouve encore quelques dizaines, surtout dans la Petite-Nation. Trois des 27 croix de chemin qui jouissent d’une protection patrimoniale au Québec sont à Papineauville et Plaisance.

La grande majorité de ces croix sont cachées ici et là, en campagne, au fond d’un rang, à la croisée des chemins. Relativement simples, ces croix ne sont pas moins des morceaux du patrimoine collectif, explique Michel Prévost, archiviste en chef de l’Université d’Ottawa et président de la Société d’histoire de l’Outaouais. «Du patrimoine que nous devons entretenir soigneusement, parce que ces croix sont souvent des oeuvres d’art à ciel ouvert ayant une haute valeur culturelle», insiste-t-il.

Michel Prévost trace un parallèle entre les croix de chemin et les ponts couverts qui ont jadis embelli les paysages de la campagne. «Les ponts couverts, il y en avait plus de 1000 au Québec, dont une centaine en Outaouais, affirme archiviste en chef. Il en reste moins de 90 au Québec, très peu en Outaouais et un seul en Ontario. Il a fallu qu’on les perde presque tous pour qu’on se réveille. Aujourd’hui, on comprend que ça fait partie de notre patrimoine culturel, comme les croix de chemin. Il n’y a pas un endroit au monde où il y a plus de croix de chemin qu’au Québec. Les paysages de nos campagnes ne sont plus les mêmes, sans nos croix de chemin et nos ponts couverts». (apic/droit/be)

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