Inde: Un tribunal rouvre une enquête sur le meurtre d’un pasteur baptiste en 2011

La police locale accusée de complicité

New Delhi, 9 août 2012 (Apic) Une Cour pénale de l’Etat d’Orissa, dans l’est de l’Inde, a décrété le 7 août 2012 que la mort du pasteur baptiste Michael Nayak, à Kandhamal en juillet 2011 relevait du meurtre de premier degré. Le tribunal casse ainsi la décision de clore le dossier prise par la police locale. Elle avait conclu à un décès accidentel du religieux chrétien, rapporte l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome. La police est accusée d’avoir couvert les extrémistes hindous suspectés du meurtre.

Le tribunal indien a ordonné la réouverture de l’enquête concernant le meurtre du pasteur Nayak. Une procédure sera aussi engagée contre la police de Kandhamal, soupçonnée de complicité avec les meurtriers. »La décision de la Cour est un signal positif », déclare Sajan George, président du « Conseil Global des Chrétiens Indiens » (GCIC), une organisation de laïcs siégeant à Bangalore.

Il a demandé à ce que le tribunal revoie également le cas de cinq autres meurtres de chrétiens classés par la police et qu’il se penche sérieusement sur les exactions survenues lors des pogroms antichrétiens de 2007-2008, dans l’Orissa.

Fort sentiment antichrétien dans la région de Kandhamal

De graves émeutes antichrétiennes avaient éclaté de décembre 2007 à août 2008 dans la région de Kandhamal. Durant des mois, des extrémistes hindous avaient fait régner la terreur dans cette zone, faisant 93 morts et chassant 50’000 personnes de leurs maisons, en très grande majorité des chrétiens.

Les extrémistes avaient détruit 6’500 maisons, 350 églises et 45 écoles et 10’000 personnes avaient dû trouver refuge dans des camps de déplacés. Suite à ces violences, le Département d’Etat américain avait publié un rapport mentionnant la « lenteur » et « l’inefficacité » des autorités locales pour rechercher les coupables. AsiaNews signale que sur les 3’500 plaintes enregistrées après les émeutes, seulement 300 ont été jusqu’à ce jour examinées. 68 personnes ont été déclarées coupables et incarcérées. 412 autres ont écopé de peines mineures telles que des amendes. (apic/ag/rz)

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