Rome: Le Père jésuite Francesco Rossi de Gasperis évoque la figure du cardinal Martini

Chez lui à Jérusalem

Rome, 1er septembre 2012 (Apic) Le Père jésuite Francesco Rossi de Gasperis a vécu, de 2002 à 2008, aux côtés du cardinal Carlo Maria Martini à l’Institut biblique de Jérusalem. Joint par I.MEDIA le 31 août 2012, le Père jésuite évoque un homme discret et spontané, profondément ancré dans la Parole, doté d’une grande liberté de conscience, et qui se sentait «chez lui» dans la Ville sainte.

«La chose la plus évidente qui apparaissait chez lui, pendant les six années vécues ensemble dans notre communauté de Jérusalem, c’était qu’il était finalement rentré à la maison», assure le Père Francesco Rossi de Gasperis. Il était chez lui «à double titre»: «dans la communauté jésuite et dans la Ville du premier amour de Dieu». Le cardinal Martini n’avait jamais caché son désir de vivre à Jérusalem, lieu où il s’était rendu à de nombreuses reprises avant sa retraite et où il aurait sans doute souhaité finir ses jours, si la gravité de sa maladie ne l’avait pas contraint à rentrer en Italie en 2008.

«Habillé normalement et libéré de tout atour épiscopal et cardinalice, mais aussi professoral, il était redevenu notre frère de toujours avec une spontanéité admirable», décrit son confrère italien. Le Père Francesco Rossi de Gasperis dresse le portrait d’une personne «timide, discrète, sincèrement intéressée à tous, accueillante envers tous».

Un homme plein d’humour, à l’humilité sincère

«C’était un homme plein d’humour, qui était déjà doublement au courant de ce dont vous étiez en train de lui parler, reconnaît-il, mais ne le faisait pas remarquer».

A Jérusalem, la maladie prenait de l’ampleur et le cardinal en retraite essayait de suivre les conseils de ses médecins qui préconisaient la marche. Dans les moments d’étude et de rencontres, le ’Père Martini’, qui préférait ce titre à celui de cardinal, alternait donc avec de longues promenades, notamment dans les jardins de la Knesset, le parlement israélien. C’est dans le souk de Jérusalem qu’il acheta sa première canne. C’est dans la Ville sainte qu’il commença à se préparer à la mort, avec «l’humilité sincère et limpide d’un enfant» qui le caractérisait, selon le Père Rossi de Gasperis.

«Il mangeait simplement chaque jour avec nous et s’attardait à nos côtés, avec nos élèves de tous les pays du monde, qu’il avait connus en personne comme professeur à l’Institut biblique (de Rome, ndlr) ou en tant qu’archevêque de Milan», raconte encore le Père Rossi de Gasperis.

Liberté de conscience et de pensée

Mais aux yeux du Père jésuite, lui aussi éminent bibliste, ce qui était le plus frappant chez le cardinal Martini, c’était «sa liberté de conscience et de pensée». Elle allait de pair avec un «enracinement fidèle et extrêmement intelligent dans une Parole et dans l’Eglise d’un Autre».

Au cœur de sa prière se trouvait naturellement la situation de la Terre Sainte. «Il priait continuellement, ajoute son confrère jésuite, en intercédant pour les deux peuples frères dans l’unique terre de leur unique Seigneur».

De 1977 à 2011, le professeur Rossi de Gasperis a fait partie de la communauté jésuite à l’Institut biblique pontifical de Jérusalem, où il a étudié les racines juives de la foi chrétienne. Il est également expert dans le rapport entre la lectio divina et les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola (1491-1556). (apic/imedia/mm/ggc)

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