Castel Gandolfo: Bilan du Ratzinger Schülerkreis, avec Mgr Adoukonou

Vers une ’purification de la mémoire’ entre catholiques et luthériens

Castel Gandolfo, 3 septembre 2012 (Apic) Mgr Barthélemy Adoukonou, sous-secrétaire du Conseil pontifical de la culture, a dressé pour I.MEDIA un bilan du Ratzinger Schülerkreis, le 3 septembre 2012. Revenant sur les relations de l’Eglise catholique avec les luthériens, le prélat a évoqué la volonté commune d’emprunter le chemin d’une « purification de la mémoire ».

Les divisions entre chrétiens doivent faire l’objet d’un « aveu commun de défaite » et emprunter le « chemin de la purification de la mémoire ». Telle est l’une des conclusions des participants du ’Schülerkreis’, qui réunit les anciens élèves du professeur Ratzinger quatre jours à Castel Gandolfo, pour réfléchir et échanger sur les résultats de 40 ans d’œcuménisme, sur la base de l’ouvrage du cardinal Walter Kasper « Harvesting the fruits – Basic aspects of christian faith in ecumenical dialogue ». Cette année, la rencontre portait sur les relations de l’Eglise avec les luthériens et les anglicans, alors que le 500e anniversaire de la Réforme sera fêté en 2017.

On ne peut parler de ’fête de la Réforme’, « car la séparation est un événement douloureux », a affirmé Mgr Adoukonou. En revanche selon le prélat, on se dirige vers une « célébration de la purification de la mémoire des deux parties ». Le « souhait de reconnaître ensemble notre péché d’avoir commis la division » est partagé, a-t-il poursuivi.

À l’issue de la rencontre, le Père Stephan Horn, président de l’Association des anciens élèves en théologie de Joseph Ratzinger, a confié à Radio Vatican que l’idée d’un ’mea culpa’ commun avait été développée.

Critique des Lumières

Pour Mgr Adoukonou, le rendez-vous 2012 du ’Ratzinger Schülerkreis’ a été « l’une des plus belles rencontres » depuis le début de cette initiative. « La personne la plus impressionnante (des trois interventions au programme du cercle) a sans doute été l’archevêque de l’Eglise évangélique luthérienne allemande Ulrich Wilckens ». L’archevêque allemand a évoqué le dépassement des Lumières comme devoir œcuménique fondamental de l’Eglise. « C’est un homme très proche du pape, a expliqué Mgr Adoukonou. Il a même assuré aux participants que lui et sa femme priaient tous les dimanches pour Benoît XVI ».

L’archevêque luthérien a « brillamment » montré les conséquences négatives de la rigueur de la logique pure, la mettant en opposition à « l’efficacité historique de la réalité du nom de Dieu », a estimé Mgr Adoukonou.

« Sur la question de la justification, nous sommes aujourd’hui arrivés à un consensus, a poursuivi le prélat africain. Nous partageons une critique radicale des Lumières, en tant que conception de la liberté comme négation de toute autorité ».

L’homme appartient à la vérité

Revenant sur l’homélie prononcée la veille par Benoît XVI devant ses anciens élèves et les autres étudiants du cercle, Mgr Adoukonou a dit qu’aux yeux du pape, il est « étrange et douloureux » que l’évocation de la vérité « soit assimilée à l’intolérance dans le monde contemporain ».

Il s’agit d’une « mauvaise compréhension de la notion de vérité », selon Benoît XVI. Car ce n’est pas « la vérité qui appartient à l’homme, mais bien la vérité qui le possède ». (apic/imedia/mm/ggc)

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