Asie: Plusieurs gouvernements tentent de bloquer la diffusion du film sur Mahomet
Djakarta, 18 septembre 2012 (Apic) Plusieurs Etats d’Asie du Sud et du Sud-Est ont demandé à « Google » d’empêcher la diffusion du film « L’innocence des musulmans » sur internet. Certains gouvernements ont bloqué eux-mêmes le site de partage de vidéos en ligne « YouTube », rapporte le 18 septembre l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris, EDA. Cette réaction fait suite aux violences qu’a connues la Libye et les nombreuses manifestations qui ont eu lieu en différents pays du Moyen-Orient contre le film.
La société américaine « Google » a rejeté la semaine dernière une demande de la Maison Blanche lui demandant de retirer la vidéo contestée de « YouTube », site de partage de vidéos en ligne dont elle est propriétaire. La firme a cependant accepté d’en bloquer la diffusion dans certains pays, comme l’Indonésie ou la Malaisie.
En Indonésie, le Ministère de l’information et de la communication a annoncé, le 16 septembre, que « Google » avait bloqué la vidéo en question dès le 13 septembre. Cependant, le film et des extraits de celui-ci continuaient néanmoins d’être visibles le 17 septembre sur « YouTube » à Djakarta. « Nous apprécions la coopération de « Google » et nous comprenons que la société ait besoin de temps pour bloquer entièrement la vidéo », a commenté un porte-parole du ministère indonésien.
Entretemps, Masdar Farid Mas’udi, figure respectée de la Nahdlatul Ulama, l’une des deux plus importantes organisations musulmanes du pays, a appelé les musulmans à garder leur calme et à ne pas se laisser provoquer par le film en question. « Si les événements prennent une tournure violente comme cela a été le cas en Libye et dans certains pays, alors les mauvaises intentions du réalisateur du film se verront réalisées », a déclaré Mas’udi dans son appel.
En Malaisie, « Google » a organisé de la même manière le blocage de la vidéo contestée, mais la firme américaine a rencontré un accueil moins amène de la part des autorités gouvernementales. Le Ministre de l’information et de la communication Rais Yatim a déclaré que « le propriétaire de YouTube ne méritait pas d’être épargné par la colère des musulmans ou d’échapper au bras de la justice ».
Enfin, aux Philippines, pays à forte majorité catholique, le gouvernement a indiqué qu’il ne demanderait pas à « Google » de bloquer l’accès à la vidéo contestée.
C’est en Asie du Sud que les réactions provoquées par la vidéo ont été les plus fortes. Que ce soit en Inde, au Bangladesh ou au Pakistan, les dirigeants n’ont pas pu empêcher qu’éclatent de violentes manifestations. Ceci malgré le blocage de l’accès à la vidéo controversée, par leurs propres réseaux de censure ou par l’intermédiaire de « Google ».
Au Bangladesh, dimanche dernier, le gouvernement a demandé à « Google » de retirer la vidéo, puis a donné instruction à son organe de régulation des télécommunications d’agir sans délai. La Premier ministre Sheikh Hasina a condamné le film en ces termes : « Aucun musulman ne peut tolérer de telles insultes. Nous ne les tolérerons pas non plus ».
Au Pakistan enfin, le 17 septembre, le Premier ministre a ordonné la suspension intégrale de « YouTube » dans le pays, mesure qui durera tant que des « contenus blasphématoires », qui « ne sauraient être tolérés », s’y trouveront. Plusieurs responsables religieux musulmans ont approuvé la mesure. (apic/eda/rz)
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