Mali: Une prison pour les femmes non voilées ouverte à Tombouctou

Après les châtiments corporels, les islamistes imposent un code vestimentaire

Bamako, 24 septembre 2012 (Apic) Les femmes non voilées de Tombouctou, au nord du Mali, sont désormais incarcérées dans un bâtiment spécial. Les groupes radicaux musulmans qui contrôlent la ville ont commencé, depuis le 21 septembre 2012, à arrêter des femmes coupables de «délit vestimentaire», rapporte «radio France internationale» (RFI).

Les fanatiques musulmans ont ordonné que toutes les femmes qui seraient vues le soir dans les rues soient conduites en prison.

Les islamistes du mouvement Ansar Dine font pression sur les habitants en leur imposant de nouvelles mœurs. Le port obligatoire du voile pour les femmes, l’interdiction de fumer ou de consommer de l’alcool sont désormais entrés en vigueur.

Depuis le 20 septembre 2012, une police des mœurs se rend chez les imams. Les miliciens leur expliquent comment les filles doivent désormais s’habiller pour être «décentes». Ils ont aussi communiqué les montants des amendes à payer pour toute violation de «la loi islamique».

Multiplication des amputations

Amnesty International (AI) a dénoncé la multiplication depuis un mois des amputations et châtiments corporels dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal. Ces villes du nord du Mali sont sous contrôle des islamistes, depuis mars 2012. Depuis début août, sept personnes ont été mutilées sous prétexte de respecter la charia. Selon AI, 25 autres personnes sont en attente d’amputation.

Alhader Ag Almahmoud, trente ans, marié et père de trois enfants, éleveur de Tin-Hamma, a été la première victime de l’amputation d’une main. Il raconte comment, le 27 juillet 2012, il a croisé deux des hommes du MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) qui l’ont accusé d’avoir volé des animaux. Embarqué, il a été séquestré pendant deux semaines. Une assemblée de marabouts s’est ensuite réunie. Elle a prononcé la sentence en moins de dix minutes. «Juste après l’amputation, les propriétaires des animaux volés ont dit à la radio qu’ils avaient retrouvé leurs bêtes», relève Alhader.

La semaine dernière, l’éleveur a décidé de fuir le Nord. «Je suis venu à Bamako pour me faire soigner. Ici, des gens de bonne volonté m’apportent un réconfort moral et matériel. Mais je demande l’aide des autorités, car la tête de celui qui m’a accompagné a été mise à prix par le Mujao», ajoute-t-il. (apic/ibc/rz)

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