Sans paiement de l’impôt, pas de sacrements
Berlin, 27 septembre 2012 (Apic) Un jugement de l’Etat allemand et un décret ecclésiastique confirment qu’il ne peut y avoir de sortie partielle de l’Eglise catholique, rapporte le 27 septembre 2012 le quotidien fribourgeois «La Liberté». En Suisse, cette pratique est acceptée.
«Tu ne peux pas sortir de l’institution de l’Eglise et continuer à faire partie de sa communauté spirituelle», a expliqué le Père jésuite Hans Langendörfer, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques allemands, au journaliste Thomas Schnee à Berlin.
Depuis le 24 septembre, un décret ecclésiastique stipule que toute personne ayant officiellement demandé d’être libérée de l’impôt d’Eglise ne pourra plus bénéficier des «services» de cette dernière.
Ce décret a été appuyé le 26 septembre par une décision du Tribunal Fédéral administratif allemand. Ce dernier a rejeté la plainte de Hartmut Zapp, un spécialiste renommé de droit canon. Hartmut Zapp avait arrêté de verser l’impôt d’Eglise en 2007, mais il entendait faire établir son droit d’appartenance à la communauté spirituelle des catholiques. Et donc son droit à continuer à recevoir les sacrements de l’Eglise. Les juges fédéraux ont estimé que l’Eglise était libre de définir ses propres règles et ont rejeté la plainte.
Pour Christian Weisner, membre de «Wir sind Kirche», la plus grosse organisation allemande de laïcs catholiques, cette décision est un très mauvais signal. Il s’apparente plus à un message de menaces qu’à un message d’espoir et de motivation pour les personnes qui se cherchent.
Christian Weisner évoque les problèmes humains et financiers de l’Eglise catholique allemande. Suite aux récentes affaires de pédophilies, les «sorties d’Eglise» se sont accélérées en 2010, avec près de 190’000 départs, contre une moyenne de 100’000 les années précédentes.
Contrairement à l’Allemagne, la Suisse connaît une séparation entre la corporation de droit public et l’évêque, entre l’organisation administrative et l’autorité spirituelle. Une «sortie d’Eglise» sans perte de l’appartenance confessionnelle est donc possible. C’est ce qu’a établi un jugement du Tribunal fédéral de 2007, confirmé le 9 juillet 2012.
Le Tribunal a toutefois indiqué que cette sortie ne doit pas constituer un abus de droit, comme celui de continuer à faire appel aux services gratuits de l’Eglise. Les diocèses suisses où l’impôt ecclésiastique est obligatoire ont donc décidé d’évaluer les demandes de «sorties partielles» au cas par cas et après entretien. Une personne qui ne paie plus l’impôt d’Eglise, mais dont l’appartenance à la communauté spirituelle est reconnue, pourrait recevoir les sacrements de manière payante. (apic/La Liberte/rz)
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