Les deux sexes sont indispensables à la vie
Paris, 29 septembre 2012 (Apic) La Conférence des évêques de France (CEF) prend position dans le débat sur le mariage de personnes du même sexe et sur la possibilité pour ces personnes d’adopter des enfants. Une telle décision aurait des conséquences importantes sur les enfants, l’équilibre des familles et la cohésion sociale, note la CEF. Pour elle, il est réducteur de fonder la modification du droit du mariage et de la famille, sur le seul aspect de la non-discrimination et du principe d’égalité.
Dans ce document d’une dizaine de pages, intitulé «Elargir le mariage aux personnes de même sexe, ouvrons le débat !» et rendu public le 27 septembre 2012, le Conseil ’Famille et Société’ de la CEF «a voulu prendre en compte, avec l’aide d’experts, de la complexité de la question et fournir des éléments de réflexion abordant les principaux enjeux de la décision envisagée», indique l’introduction du texte.
«La réflexion s’adresse aux catholiques, mais elle ne reflète pas qu’un point de vue religieux. Elle peut intéresser toute personne s’interrogeant sur les mesures annoncées par le gouvernement. Cette démarche, qui se veut respectueuse des personnes, s’inscrit dans la volonté de l’Eglise de participer au débat public. Elle le fait, s’appuyant sur la tradition chrétienne, dans le souci de servir le bien commun», insiste le Conseil famille et société.
La véritable question est de savoir si, à propos du mariage, la loi doit continuer à «dire le lien entre conjugalité et procréation, le lien entre l’amour fidèle d’un homme et d’une femme et la naissance d’un enfant», relève le Conseil ’Famille et Société’. Il s’agit de rappeler à tous que la vie est un don, que les deux sexes sont égaux et l’un comme l’autre indispensables à la vie et que la lisibilité de la filiation est essentielle pour l’enfant.
Tout en rejetant clairement l’homophobie le texte insiste sur la complémentarité homme-femme et sur la fécondité sociale du mariage " Mais seul dans le cas de l’amour d’un homme et d’une femme, cette ouverture à l’autre se traduit par la naissance d’une vie nouvelle. C’est une différence de taille, qui est occultée aujourd’hui.»
Pour le Conseil «Famille et société», la demande de reconnaissance des personnes homosexuelles doit être entendue, mais cela ne peut se faire en gommant la différenciation sexuelle. «Nous pouvons estimer le désir d’un engagement à la fidélité d’une affection, d’un attachement sincère, du souci de l’autre et d’une solidarité qui dépasse la réduction de la relation homosexuelle à un simple engagement érotique. Mais cette estime ne permet pas de faire l’impasse sur les différences.»
Une conception faussée du mariage est un des principaux obstacles au débat, estime l’épiscopat : «Le mariage n’a jamais été un simple certificat de reconnaissance d’un sentiment amoureux. Le mariage a toujours eu la fonction sociale d’encadrer la transmission de la vie en articulant, dans le domaine personnel et patrimonial, les droits et devoirs des époux, entre eux et à l’égard des enfants à venir.»
Le droit de l’enfant est lui aussi un argument majeur souvent occulté du débat, relève le Conseil ’Famille et société’. «Un enfant, dans la mesure du possible, a droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Si les circonstances de la vie peuvent empêcher cela, il ne faudra pas que le législateur prenne l’initiative d’organiser l’impossibilité pour les enfants de connaître leurs parents ou d’être élevés par eux. Ce qui sera le cas s’il accède aux demandes de parenté des personnes homosexuelles que ce soit par le biais de l’adoption ou de la procréation médicalement assistée.»
En poursuivant le raisonnement, le document de l’épiscopat souligne que la loi ne doit pas mentir sur l’origine de la vie. «Comment concevoir une adoption plénière qui supprime la filiation d’origine et dit que l’enfant est « né de » ses parents adoptifs ? Faut-il faire croire à un enfant qu’il est né de deux hommes ou de deux femmes ? Les complications juridiques sont nombreuses. Tout notre système juridique est basé sur la distinction des sexes, puisque la transmission de la vie passe par la rencontre d’un homme et d’une femme.»
Plutôt que de céder aux pressions de différents groupes, la France s’honorerait à instaurer un vrai débat de société, conclut le document. On devrait «chercher une solution originale qui fasse droit à la demande de reconnaissance des personnes homosexuelles sans pour autant porter atteinte aux fondements anthropologiques de la société.»
Document complet sous : www.eglise.catholique.fr/download/1-20797-0/texte-du-conseil-famille-et-societe-3.pdf
(apic/mp)
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