Suisse:Amnesty International fait campagne pour une politique d’asile « juste et humaine »
Berne/Lausanne, 1er octobre 2012 (Apic) La Section suisse d’Amnesty International (AI), soutenue par d’autres organisations, lance une campagne pour protester contre la politique actuelle de l’asile. Avec des affiches placardées dans les grandes villes de Suisse pendant le mois d’octobre 2012, elle met en scène des politiciens qui, « comme Oskar Freysinger (UDC), contribuent aux incessants durcissements de la loi sur l’asile ».
Dans son communiqué du 1er octobre 2012, AI explique qu’elle « met en scène avec humour » des politiciens connus pour leurs positions en faveur d’un durcissement de la politique d’asile dans une situation où ils seraient contraints de demander l’asile. L’organisation cherche ainsi à éveiller un sentiment de solidarité et de compréhension pour les requérants d’asile. Avec des slogans tels que : « Après leur renaissance en tant que Syriens, Freysinger & Co. seraient heureux de s’être autrefois opposés au durcissement de la loi sur l’asile », la campagne d’AI entend inciter chacun à se mettre à la place des requérants et à développer un point de vue plus tolérant.
Selon l’organisation, « les incessantes révisions de la législation depuis 1981 ont progressivement vidé le droit d’asile de son sens ».
« Cette législation n’est plus conçue comme un instrument pour accorder une protection aux personnes victimes de persécutions, mais comme un instrument de politique migratoire destiné à restreindre une migration jugée indésirable », déclare Denise Graf, juriste et spécialiste de l’asile à AI.
Le communiqué informe que le Parlement a décidé d’appliquer immédiatement, en vertu d’une clause d’urgence, deux mesures controversées prévues dans la révision de la loi sur l’asile : la suppression des demandes dans les ambassades et la non-reconnaissance des déserteurs comme réfugiés. « Ces deux mesures peuvent entraîner de très graves conséquences pour des personnes persécutées par des régimes brutaux, comme les objecteurs de conscience érythréens ou syriens ou des défenseurs des droits humains », estime Denise Graf.
Jugeant les durcissements adoptés par le Parlement insuffisants, l’UDC (Union Démocratique du Centre) a annoncé dimanche la préparation d’une nouvelle initiative sur l’asile. L’initiative devrait prévoir l’internement des réquérants d’asile dans des centres prévus à cet effet pendant tout le temps de la procédure d’asile. Cette procédure et le délai de recours devraient en outre être drastiquement réduits – il est question de 30 jours pour la procédure et de 10 jours pour le recours – en vertu d’un article fixé dans la loi. « La première mesure est tout simplement contraire à la Constitution suisse, tandis que la seconde supprimerait pratiquement toute voie de recours effective », a commenté Denise Graf.
La campagne d’Amnesty International se veut un appel en faveur d’une politique d’asile juste et humaine. L’organisation recommande en particulier de ne plus adopter de dispositions restreignant l’accès à la procédure d’asile. Pour AI, les requérants doivent pouvoir bénéficier d’une procédure complète et équitable et obtenir une réponse fondée à leur demande dans un délai raisonnable. (apic/com/rz)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/oskar-freysinger-en-refugie-syrien/