Paris: Le cardinal Filoni inaugure l’exposition «Missions du toit du monde»
Paris, 3 octobre 2012 (Apic) Le cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, a inauguré les 29 et 30 septembre à Paris l’exposition «Missions du toit du monde». L’événement, qui a lieu au siège de la Société des Missions Etrangères de Paris (MEP), présente «l’audace missionnaire» des prêtres partis évangéliser le Tibet dans la seconde moitié du XIXème siècle.
«Evangéliser n’est jamais une affaire simple. Dans certains pays, pour évangéliser il faut une véritable audace. C’est le cas du Tibet, non seulement aujourd’hui mais depuis les premières tentatives de son évangélisation. D’où la nécessité d’y envoyer des hommes de foi au caractère trempé, animés d’un zèle apostolique ardent et plein d’enthousiasme pour leur mission». C’est ainsi que le cardinal Filoni a débuté sa conférence sur l’audace missionnaire, rapporte le 1er octobre l’agence de presse vaticane «Fides».
Le prélat a retracé l’histoire complexe et mouvementée de la mission au Tibet. Les débuts de l’évangélisation remontent au XVIème siècle, avec les Portugais, jusqu’à ce que le vicariat apostolique du Tibet soit confié, en 1846, à la Société des Missions Etrangères de Paris.
La vie de ces missionnaires fut marquée par des expulsions, des destructions puis des reconstructions, mais aussi par des morts violentes et cruelles. «Dans ce contexte, ces pionniers de Dieu vivaient l’audace, l’aventure, la foi, la passion, de façon absolument unique», a souligné le cardinal Filoni. Après environ un siècle d’activité missionnaire, fécondée par le sang de nombreux martyrs, le Tibet devint, en 1950, une région chinoise autonome et tous les missionnaires furent expulsés, contraints à abandonner une œuvre à peine commencée.
«Mais aujourd’hui pouvons-nous encore parler d’audace missionnaire ?», s’est demandé le cardinal, soulignant les profondes différences entre le contexte préconciliaire et le contexte actuel.
«Les Eglises issues de l’’audace’ d’autrefois étaient dirigées par un personnel et des évêques occidentaux ; les religieux étaient majoritairement des ’blancs’, les moyens matériels provenaient de l’Occident, les projets étaient créés par des Occidentaux. Aujourd’hui, les Eglises en Afrique, Asie et Océanie sont assez différentes : les évêques et les prêtres sont majoritairement indigènes, les séminaires sont riches de vocations autochtones.
«Le contexte actuel me fait penser à un épuisement historique de cette audace, mais en même temps à la naissance de nouvelles formes de présence apostolique. Celle-ci est représentée, par exemple, par un laïcat plus conscient de son rôle missionnaire, avec une sensibilisation au niveau des jeunes, des familles, des professionnels et pourquoi pas des personnes du troisième âge prêtes à donner quelques années de leur vie comme missionnaires», a continué le cardinal.
Mgr Filoni a rappelé que «l’Esprit Saint était le protagoniste de toute la mission ecclésiale» avant de conclure : «Puisqu’Il est le feu d’amour qui pousse à l’action évangélisatrice, il est essentiel de se laisser guider par l’Esprit Saint pour réaliser une mission fructueuse». (apic/fides/rz)
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