Une première dans ce pays de tolérance religieuse
Dakar, 11 octobre 2012 (Apic) Plus de 160 tombes ont été profanées et des objets de piété volés, la nuit du 6 au 7 octobre 2012, dans les deux cimetières chrétiens saint Lazare de Béthanie et Bel Air de Dakar. L’Eglise catholique du Sénégal s’est dite «consternée et indignée». Cet acte, commis par des individus encore non identifiés, est un précédent en Afrique, particulièrement au Sénégal, pays connu pour sa tradition de cohabitation pacifique entre les religions.
Le quotidien sénégalais, «L’Observateur», a rapporté dans son édition du 10 octobre 2012, que des croix et des statues du Christ ont été arrachées des tombes ou emportées. Dans la journée, les autorités de l’Eglise catholique ont envoyé une mission de vérification qui a constaté les dégâts.
Dans un communiqué, l’Eglise sénégalaise a dénoncé un «très grave irrespect à l’égard de la croix, symbole qui est au cœur même de la foi chrétienne».
L’archevêque de Dakar, le cardinal Théodore Adrien Sarr, et les membres du Comité de gestion des cimetières chrétiens se sont déclarés «très choqués par une telle violence faite à la mémoire des défunts et à l’égard de leurs familles». Le cardinal a appelé à multiplier les efforts de tous, croyants ou non, pour qu’il soit possible de participer à la construction d’une société plurielle dans le respect commun de ce que chacun considère comme le plus sacré.
L’Eglise a également exhorté la ville de Dakar à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des cimetières, tant chrétiens que musulmans, afin de garantir «le respect et la considération dus à la mémoire» des disparus.
L’Association des dirigeants entrepreneurs et cadres catholiques du Sénégal a annoncé son intention de porter plainte contre X, auprès des tribunaux du pays, pour profanation de tombes.
Le président de l’association, Aimé Sène, a rappelé que cet acte ne reflétait pas la société sénégalaise où toutes les confessions, chrétiennes et musulmanes notamment, vivent en parfaite symbiose.
La Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) a exhorté les autorités à des enquêtes approfondies pour arrêter les auteurs de tels actes, considérés en droit humanitaire comme des crimes contre l’humanité. (apic/ibc/rz)
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