Ne pas réfléchir à la méthode, mais au fond

Rome: Pour Mgr Vingt-Trois la nouvelle évangélisation est plutôt une « 1ère évangélisation »

Rome, 12 octobre 2012 (Apic) L’Eglise doit aujourd’hui « parler de l’Evangile à des gens qui n’en ont jamais entendu parler », a constaté le cardinal André Vingt-Trois, à l’occasion du Synode pour la nouvelle évangélisation au Vatican.

Dans une interview à la chaîne de télévision catholique française KTO, le président de la Conférence des évêques de France trace ainsi les bases d’une « première évangélisation » et estime que la nouveauté réside en fait dans « le renouveau des évangélisateurs ». Fort des interventions entendues dans la salle du synode, l’archevêque de Paris a l’impression que l’Eglise se place « dans la perspective d’une post-chrétienté où elle serait en train de courir après ses paroissiens qui se seraient égaillés dans la verdure ». Mais le cardinal Vingt-Trois confie aussitôt que l’Eglise en France vit une tout autre situation.

« Nous avons des interlocuteurs, des concitoyens pour qui le christianisme est quelque chose de tout à fait étranger, donc il ne s’agit pas simplement d’aller gratter un peu pour faire ressortir le catéchisme qui est enfoui », explique le haut prélat avant d’insister : « il s’agit d’une première annonce de l’Evangile ». Le cardinal Vingt-Trois déplore en passant « un environnement culturel de moins en moins religieux, de moins en moins intelligent, c’est-à-dire où l’instantané et l’affectif l’emportent sur la raison ».

C’est donc la « mission évangélisatrice » qui doit être renouvelée, explique l’archevêque de Paris avant de préciser : « la nouveauté c’est le renouveau des évangélisateurs, ce n’est pas le renouvellement d’un bail dont les chrétiens auraient oublié l’adresse ».

Savoir à qui nous croyons

A Rome pour trois semaines de travaux, le cardinal Vingt-Trois précise qu’il ne s’agit pas « de réfléchir sur des méthodes car on n’invente pas des méthodes spéciales pour l’évangélisation ». Il explique que la question est de savoir « à quoi nous croyons, ce que nous souhaitons mettre dans notre message ».

« L’Année de la foi est une excellente opportunité pour aider les chrétiens à prendre conscience qu’ils sont croyants ». C’est aux yeux du cardinal l’occasion pour les chrétiens de se demander : « à qui est-ce que je crois et comment est-ce que je crois ? » (apic/imedia/ami/mp)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/ne-pas-reflechir-a-la-methode-mais-au-fond/