Rome: La transparence n’implique pas de rendre le mal public, affirme le cardinal Versaldi

Ne pas faire le jeu des détracteurs de l’Eglise

Rome, 19 octobre 2012 (Apic) La transparence n’implique pas de rendre automatiquement le mal public, ce qui amène le scandale, estime le cardinal Giuseppe Versaldi, président de la Préfecture des affaires économiques du Saint-Siège.

Dans un texte remis le 18 octobre 2012 aux participants au synode sur la nouvelle évangélisation, le cardinal Versaldi juge que «dans les cas possibles de mauvaise administration des biens ecclésiastiques, la thérapie qui doit prévaloir est celle de la correction fraternelle». Avant de dénoncer les problèmes aux autorités, poursuit-il, il convient de privilégier la confrontation personnelle, pour permettre une réparation. Après cela, s’il n’y a pas de conversion, des accusations peuvent être portées devant les autorités compétentes, qui détermineront si elles sont avérées ou non, explique le cardinal en mettant en garde contre les condamnations a priori de mauvaise gestion.

Pour le cardinal Versaldi, il existe une réelle difficulté à trouver le juste équilibre entre «les exigences prioritaires de l’objectif spirituel» et le traitement des affaires par les administrations ecclésiastiques calqué sur les usages des juridictions civiles. Il en découle la possibilité d’erreurs de la part de ceux qui administrent les biens ecclésiastiques. La présomption de bonne intention et d’honnêteté doit prévaloir jusqu’à démonstration du contraire. Agir autrement c’est suivre les détracteurs de l’Eglise et leurs accusations faciles d’intérêt personnel et de lutte de pouvoir, insiste-t-il.

Le président de la Préfecture des affaires économiques du Saint-Siège souligne en outre que l’Eglise doit «mieux communiquer sur la façon dont sont utilisés ses biens qui sont au service de l’évangélisation et de la promotion humaine dans le monde». A travers le monde, plusieurs évêques ont en effet été contraints de renoncer à leur charge pour mauvaise gestion des biens de leur diocèse.

Cette prise de position intervient alors que l’administration vaticane a dû faire face au cours de ces derniers mois à de nombreuses accusations de mauvaise gestion. En janvier 2012, la presse italienne avait rendu publics des courriers adressés au pape et au cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone par l’ancien secrétaire général du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican, Mgr Carlo Maria Viganò, aujourd’hui nonce apostolique aux Etats-Unis. Il dénonçait la mauvaise gestion des administrateurs du Vatican, les accusant de poursuivre leurs intérêts personnels plutôt que ceux de l’Eglise. Ces courriers ont été entre autres à l’origine du scandale des ›Vatileaks’. (apic/imedia/mm/mp)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/ne-pas-faire-le-jeu-des-detracteurs-de-l-eglise/