Pas de référendum en vue
Rome, 21 octobre 2012 (Apic) Le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, a assuré le 20 octobre au Vatican qu’un «débat» aurait bien lieu en France autour du projet de légalisation du mariage homosexuel. Il a cependant rappelé la détermination de son gouvernement à adopter cette loi. Le ministre est venu à Rome pour participer à la canonisation du jésuite français Jacques Berthieu.
A la veille de la canonisation de Jacques Berthieu, missionnaire français mort martyr à Madagascar, Manuel Valls a eu au Vatican un entretien de 45 minutes avec son compatriote, Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. Ils ont évoqué ensemble des sujets tels que la Syrie, la place du religieux dans la société, la relation entre l’Eglise de France et le gouvernement, ainsi que le mariage pour tous et la fin de vie.
Manuel Valls, également ministre en charge des cultes, a expliqué à Mgr Mamberti que le mariage entre personnes de même sexe était un «engagement du président de la République». Le représentant du gouvernement français a indiqué que le projet de loi sera présenté par le Conseil des ministres début novembre 2012.
Il a exclu «un débat de principe» sur le bien-fondé de la loi, mais a reconnu la nécessité d’un «débat sur sa mise en œuvre et ses conséquences concrètes, administratives et d’ordre civil qui interrogent la conscience».
Le ministre a ajouté qu’il était «logique et légitime que l’Eglise expose pleinement son point de vue, comme tous les autres acteurs de la société civile, qu’ils soient favorables ou opposés à ce mariage».
Dès lors que ce point de vue est émis de manière responsable et respectueuse, a poursuivi Manuel Valls, cette opinion favorise le débat. Indiquant que «le parlement prendra son temps», il a relevé que «le débat a déjà lieu dans la société, y compris dans la majorité», en particulier sur la procréation médicalement assistée.
«Quant on touche à des questions aussi fondamentales que le mariage entre personnes de même sexe, c’est-à-dire à la modification de ce qu’est le mariage civil, ou la fin de vie, il faut prendre son temps et permettre l’expression de chacun», a encore expliqué le ministre.
Il s’est cependant dit opposé à un référendum. Il a soutenu que «le mariage pour tous» entrait dans les «grands choix» que doit affronter un parlement. Comme cela a été le cas par le passé pour la peine de mort ou l’avortement. Concernant le changement de loi relatif à l’euthanasie, Manuel Valls a souhaité qu’il y ait, là aussi, «un débat digne, noble».
Manuel Valls a confié au cours de l’entretien accordé au quotidien La Croix, à l’Agence France Presse et à I.MEDIA que sa visite était le signe du «très grand respect» du président François Hollande et du Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour le Saint-Siège et le pape. (apic/imedia/ami/rz)
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