Papouasie occidentale: Les Eglises appellent le gouvernement à respecter les droits humains

Les forces de l’ordre ont tiré lors d’une manifestation pacifique

Jakarta, 27 octobre 2012 (Apic) La communauté internationale et les Eglises ont appelé le gouvernement indonésien à respecter les droits de l’homme et à faire cesser les exactions de l’armée et de la police envers les Papous. Le 23 octobre, les forces de l’ordre avaient tiré sur la foule lors d’une manifestation organisée par le West Papua National Committee à Manokwari, capitale de la province de Papouasie Occidentale.

Quelque 300 manifestants – des étudiants essentiellement – avaient répondu à l’appel du West Papua National Committee (KNPB), rapporte l’agence Eglises d’Asie. Ils allaient entamer leur marche pacifique, lorsqu’ils se sont trouvés encerclés par la police et l’armée. Lorsque ces derniers tentèrent de les disperser de force, des manifestants se mirent à leur jeter des pierres. Les forces de l’ordre répliquèrent en tirant sur la foule, faisant au dernier bilan, une dizaine de blessés.

Cette manifestation, pour laquelle les organisateurs n’avaient pu obtenir d’autorisation officielle, avait pour but d’alerter la communauté internationale sur les discriminations dont les Papous sont victimes depuis des décennies . Les manifestants demandaient également que les Nations Unies réexaminent la validité de l’Act of Free Choice de 1969 par lequel leur territoire a été annexé par l’Indonésie.

Durcissement du gouvernement envers les Papous

Cette attaque par la police d’une manifestation pacifique démontre bien le durcissement de la politique de Jakarta envers les Papous, a déclaré le 25 octobre sur les ondes de Radio New Zealand International, le Révérend Socrates Yoman, président de l’Alliance des Eglises baptistes de Papouasie, l’une des communautés chrétiennes les plus importantes du pays. Depuis des années, le pasteur n’a de cesse dénoncer les exactions des militaires et de la police en Papouasie, appelant régulièrement la communauté internationale et les Nations Unies à intervenir pour «mettre fin à la souffrance des Papous» et leur permettre d’obtenir le droit à l’auto-détermination . «Le gouvernement indonésien a accentué sa répression d’une communauté qui de son côté, ne faisait que demander pacifiquement qu’on lui accorde la paix et la justice », a-t-il résumé.

Une analyse partagée par les ONG locales comme l’organisation pour les droits de l’homme Elsham. « Les Papous manifestaient de façon non-violente, sans provocation», s’indigne son président, Ferry Marisan dans l’édition du Jakarta Globe du 24 octobre. «En revanche, en face d’eux, les forces de l’ordre étaient lourdement armées».

Interrogé par les médias, le numéro deux de la police de Papouasie occidentale, Paulus Waterpaw, tentait de justifier l’attaque des forces de l’ordre par la «provocation des manifestants qui leur avaient jeté des pierres», mais surtout par le fait que le rassemblement n’avait pas été autorisé. «Avant chaque manifestation, nous demandons toujours l’autorisation mais nous ne la recevons jamais», rétorque Theo Hesegem, directeur du Law Enforcement and Human Rights Advocacy Network. Dans une dépêche de l’agence Ucanews, il rapporte que le gouvernement refuse systématiquement aux Papous toute manifestation ou rassemblement, même explicitement pacifique.

D’autres manifestations pacifiques avaient également été prévues le 23 octobre dans plusieurs villes de la province comme Jayapura, Sorong ou Pakpak, mais toutes ont été bloquées par la police et l’armée. Les organisations de défense des droits de l’homme et les Eglise protestantes font mention de nombreuses arrestations. (apic/eda/bb)

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