Liste des pays d’origine sûrs
Rome, 29 octobre 2012 (Apic) Certaines mesures visant à empêcher l’accès des réfugiés en Europe ont des conséquences dramatiques pour les demandeurs d’asile, a dénoncé Mgr Joseph Kalathiparambil, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement. Le prélat indien a pris la parole le 29 octobre 2012, durant la présentation du message de Benoît XVI pour la prochaine Journée mondiale des migrants et des réfugiés, le 13 janvier 2013.
Dans son intervention consacrée au problème des migrations forcées, le prélat indien a expliqué que de nombreuses personnes devaient «quitter leur terre à cause des innombrables violations des droits de l’homme et de la cruauté des conflits sanglants», comme c’est le cas en Syrie, au Mali, en RDC, où 80% des victimes sont des civils.
Le destin de ces migrants peut les mener dans des camps de réfugiés, dont le plus spectaculaire est probablement celui de Kakuna au Kenya, où quelque 100’000 réfugiés y vivent. Ou dans des contextes urbains «nouveaux et précaires», où les migrants se retrouvent en compétition avec les populations locales, comme c’est le cas en Jordanie, au Liban ou en Afrique du Sud.
Parfois, les migrants ont recours à des contrebandiers qui se révèlent être des trafiquants d’êtres humains. Ils les contraignent aux travaux forcés ou à l’exploitation sexuelle. «Dans l’Union européenne, a précisé Mgr Kalathiparambil, ces situations montrent qu’il est de plus en plus difficile de demander asile, spécialement lorsque, dans certains pays, des mesures restrictives ont été votées afin d’empêcher l’accès au territoire».
Parmi ces mesures, le secrétaire du dicastère en charge des migrants a pointé du doigt la liste des «pays d’origine sûrs». L’admission d’un étranger demandeur d’asile peut lui être refusée s’il vient d’un «pays d’origine sûr», c’est-à-dire qui veille au respect des principes de la liberté, de la démocratie et de l’état de droit, ainsi que des droits de l’homme et des libertés fondamentales. «Ces limitations ont favorisé les activités des contrebandiers, des trafiquants et des traversées en mer risquées qui ont vu disparaître de trop nombreuses victimes», a dénoncé Mgr Kalathiparambil.
Le prélat indien a appelé les Etats à mener des politiques adaptées, pour «le bien-être et la garantie des droits» des réfugiés. Quant aux citoyens, ils sont invités à adopter «un comportement sociable et disponible, par des petits gestes d’attention» à l’égard des réfugiés: «un sourire, un salut, quelques paroles échangées, une invitation à participer aux activités quotidiennes».
Présentant à la presse le message du pape, le cardinal Antonio Maria Vegliò, président du dicastère en charge des migrants, a assuré que l’Eglise n’entendait pas décourager ou encourager le processus migratoire, mais cherchait «à résoudre les situations telles qu’elles se présentent». «Personne au monde n’a le droit de chasser les migrants, mais aucun Etat ne peut être naïf au point de penser qu’il peut les laisser entrer sur son territoire sans aucun contrôle», a affirmé le prélat italien. Selon lui, «l’Etat doit défendre son identité, penser au bien-être de ses habitants, mais en aucun cas chasser les migrants». (apic/imedia/cp/ggc)
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