Non, le mariage n’est pas pour tous !
Bordeaux, 30 octobre 2012 (Apic) A la veille du débat parlementaire sur le projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, revient sur les raisons de défendre le mariage basé sur la différenciation des sexes et sur une filiation claire pour l’enfant. Si le mariage ne peut être «pour tous», sa défense est l’affaire de chacun.
Pour Mgr Ricard, la juste revendication des personnes homosexuelles d’échapper aux diverses formes de réprobation encore présentes dans la société doit être entendue. Cependant, l’intérêt affectif et éducatif de l’enfant, ainsi que la complémentarité fondamentale du masculin et du féminin dans toutes sociétés ne peuvent être passés sous silence, relève-t-il dans un éditorial publié sur le site du diocèse de Bordeaux.
Si cette loi était votée, elle remettrait en question l’institution du mariage et de la filiation. Mgr Ricard rappelle la définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme, visant à fonder une famille et à y accueillir des enfants. Le mariage n’est pas la reconnaissance publique de sentiments, à laquelle pourraient aspirer tous ceux qui s’aiment sincèrement. La question des sentiments et de l’amour ne regarde pas les pouvoirs publics, insiste le cardinal.
Le mariage civil a d’abord une fonction sociale. Il insère le couple dans la société et inscrit la filiation dans une institution stable. Toutes les sociétés ont fondé l’institution du mariage sur la différence des sexes. Il n’y a pas là quelque chose d’archaïque ou de dépassé, mais une juste perception de ce qu’est la vraie nature du couple humain. Pour Mgr Ricard, la révélation biblique vient confirmer que cette donnée, présente au cœur de sociétés et de cultures extrêmement diverses, s’inscrit dans le dessein même de Dieu : «Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; homme et femme il les créa» (Gn 1, 27).
Ce n’est pas parce que la loi a autorisé des célibataires à adopter qu’il faut remettre en question le droit fondamental de l’enfant à avoir un père et une mère. Ce que le droit doit protéger, ce n’est pas d’abord le désir des parents mais le besoin des enfants. Mgr Ricard admet que des enfants peuvent se retrouver aujourd’hui dans des situations où ils n’ont pas auprès d’eux un père et une mère. Mais c’est tout autre chose que d’organiser et de légaliser a priori une situation où des enfants ne pourront ni se réclamer d’une filiation claire, ni faire l’expérience de la différence sexuée.
Pour le cardinal, derrière la conception de ’l’homoparentalité’, émerge une logique de ’dissociation’ préjudiciable à l’intérêt de l’enfant entre parenté et ’parentalité’, sexualité et filiation, couple et procréation, procréation et filiation. Pour Mgr Ricard, les promoteurs de la loi n’en ont pas mesuré toutes les conséquences.
Si cette loi est souhaitée par un certain nombre d’associations homosexuelles, l’archevêque de Bordeaux constate que la revendication d’un ’mariage pour tous’ n’est pas une revendication de toutes les personnes homosexuelles, loin de là. La référence à la théorie du «gender» reste gravement problématique aux yeux de Mgr Ricard. Même s’il faut reconnaître que notre éducation, notre culture et notre histoire façonnent notre identité sexuelle, cette dernière ne se réduit pas à une donnée purement culturelle. La différence est constitutive de la personne. Elle participe à son identité profonde.
Dire aux personnes homosexuelles que le mariage est une institution qui n’est pas faite pour elles, n’est ni une marque de discrimination ni un signe d’homophobie, comme il n’est pas discriminant envers les personnes de rappeler qu’il ne saurait y avoir de mariage entre frère et sœur ou entre majeur et mineur… En ce sens là, l’expression ’mariage pour tous’ est erronée : le mariage n’est pas ouvert à toutes les situations affectives. L’égalité ne gomme pas les différences. Ce sont justement les différences qui appellent des traitements différents. En demandant l’accès au mariage, les personnes homosexuelles ne se trompent-elles pas de combat ? conclut Mgr Ricard. (apic/com/mp)
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