Chine: Manifestations tibétaines sans précédent contre «l’oppression chinoise»
Rebkong, 10 novembre 2012 (Apic) Des milliers d’étudiants ont manifesté, le 8 novembre 2012 dans le Qinghai, contre «l’oppression chinoise» et pour «le retour du dalaï-lama». Ces informations sont confirmées par le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, par diverses organisations pro-tibétaines et des sources locales du district de Rebkong, a rapporté «Eglise d’Asie», l’agence d’information des missions étrangères de Paris le 9 novembre.
Les troubles semblent avoir commencé le matin du 8 novembre à Dowa. Près de 800 écoliers et étudiants ont retiré les drapeaux chinois flottant sur leurs écoles et les bâtiments publics. Peu après, des camions militaires appelés en renfort par les autorités ont été stoppés par la foule des étudiants et des habitants de la région venus leur prêter main-forte. Ils les ont forcés à faire demi-tour.
Le 9 novembre, des milliers d’étudiants des établissements de la Préfecture de Huangnan (Rebkong, Chentsa, Zekog et Henan) se sont rassemblés, à 5h du matin heure locale, dans la rue principale de la ville. Ils se sont dirigés vers le quartier général des autorités chinoises, ont rapporté des sources locales et de la communauté tibétaine en exil. Des moines et des habitants de la région sont venus gonfler les rangs, empêchant toute circulation.
Selon les réseaux sociaux, plus de 10’000 étudiants se sont rassemblés devant le quartier général des autorités de Rebkong, scandant des slogans anti-chinois et appelant au respect des droits de l’homme. Ils se sont ensuite dirigés vers le Dolma Square, devant le monastère de Rongwo où Kalsang Jinpa, un jeune nomade de 18 ans, s’était immolé le 7 novembre dernier.
Les étudiants «ont ensuite envahi les rues, en récitant l’ancienne prière tibétaine pour sa Sainteté le dalaï-lama», a rapporté Dorjee Wangchuk sur le site du gouvernement tibétain en exil «Phayul».
«Des forces armées ont été déployées devant les bureaux du gouvernement chinois et autour de la ville». Le 9 novembre, la police n’avait pas tenté de briser la manifestation, selon une source locale relayée par les sites d’information de la diaspora tibétaine. Selon les dernières informations, des mouvements de troupes et d’unités anti-émeutes ont été dispersés dans le district de Rebkong. Ils ont bouclé la région.
Le moment est délicat pour Pékin qui s’apprête à renouveler son équipe dirigeante. La 18e session du Congrès du Parti communiste s’est ouverte le 8 novembre. Critiquée sur sa politique répressive au Tibet, la Chine a indiqué qu’elle ne tolérerait «aucune voix discordante». Le 5 novembre dernier, les Nations Unies ont pressé la Chine de «régler d’urgence les violations répétées des droits de l’homme au Tibet». Elle a rétorqué que «nul n’était autorisé à s’immiscer dans ses affaires intérieures» et qu’il n’y avait «aucun problème tibétain». Les populations locales jouissent de tous leurs droits et bénéficient d’une «vie harmonieuse, ainsi que du développement économique et social». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fustigé au passage «le dalaï-lama et sa clique» qui répandent «des mensonges éhontés» et encourage le suicide de ses adeptes, «un acte réprouvé par la loi et la religion».
Il s’agit du troisième suicide en cinq jours pour ce district de la Préfecture autonome tibétaine de Huangnan, aujourd’hui province chinoise du Qinghai. Depuis 2011, plus de 60 Tibétains, la plupart âgés de moins de 25 ans, se sont immolés par le feu en protestation contre «l’oppression chinoise». (apic/eda/ggc)
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