Sénégal:Séminaire de la FIACAT sur l’abolition de la peine de mort en Afrique de l’ouest

L’ONU proposera un moratoire sur les exécutions

Dakar, 13 novembre 2012 (Apic) La Fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) tient depuis le 12 novembre 2012 à Dakar, un séminaire régional sur l’abolition de la peine de mort en Afrique de l’ouest. La rencontre a pour but de définir les stratégies à mettre en place pour rendre la lutte contre la peine capitale plus effective en Afrique.

La rencontre doit permettre d’élaborer des actions à mener pour amener les pays africains à voter, la nouvelle résolution soumise le mois prochain aux Nations unies, appelant à un moratoire universel sur les exécutions capitales. Ce moratoire est considéré comme une solution médiane pour ne pas bloquer les pays qui maintiennent la peine de mort dans leur arsenal judiciaire.

Pour Sabrina Bignier, secrétaire générale de la FIACAT, l’abolition de la peine de mort est un choix moral qu’il ne faut assortir d’aucune restriction ni d’aucune réserve. «Chaque exécution heurte la conscience. Chaque mise à mort mutile l’humanité. Il faut affirmer avec force le refus de la peine de mort, son caractère inacceptable», a-t-elle déclaré dans des propos rapportés par l’Agence de presse sénégalaise (APS). «La société doit être bâtie sur des valeurs différentes de celles qu’elle condamne, et la première de ces valeurs est le respect de la personne humaine, de la vie et de son intégrité», a-t-elle ajouté.

Selon elle, le combat pour l’abolition de la torture et de la peine de mort n’est pas enfermé dans des frontières nationales mais atteint l’universel. Il n’est pas limité non plus, dans le temps, mais se poursuivra aussi longtemps qu’un seul Etat continuera à torturer et à tuer.

37 pays africains sur 54 maintiennent la peine de mort

«La vie humaine a donc un caractère inviolable et sacré», a-t-elle poursuivi, ajoutant que aucune femme, aucun homme ne peut être réduit aux atrocités qu’il a pu commettre. «Il y a, avant tout, une part d’humanité que nous devons protéger, entretenir, parfois sauver», a souligné Sabrina Bignier. Les membres de la société civile et les responsables politiques «doivent tous contribuer, à construire un monde où l’on ne pourra plus ni pratiquer ni légitimer la peine de mort». Pour la secrétaire générale de la FIACAT, le combat pour l’abolition de la peine de mort en terre africaine est une urgence qui s’impose à tous.

Léonie Adélie Mandang, présidente de l’ACAT Sénégal, a déploré le fait qu’en Afrique, 37 pays sur 54 n’aient pas encore aboli la peine de mort. «C’est pourquoi les ACAT, africaines, en collaboration avec la Fédération internationale, décident d’unir leurs forces afin que la peine de mort soit abolie partout en Afrique de l’ouest.» (apic/aps/ibc/mp)

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