Le Saint Siège associé à l’Arabie saoudite ?
Rome, 23 novembre 2012 (Apic) Le Centre international pour le dialogue interreligieux et interculturel ›Roi Abdullah Bin Abdulaziz’, initiative conjointe de trois Etats, l’Arabie saoudite, l’Autriche et l’Espagne, sera inauguré à Vienne le 26 novembre 2012. Le Saint-Siège y adhère en tant qu’»observateur fondateur», a indiqué son ›porte-parole’, le Père Federico Lombardi. L’adhésion de l’Eglise catholique à cette initiative n’est cependant pas du goût de tout le monde en Autriche.
Dans une déclaration diffusée par Radio Vatican, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a répondu que le nouveau Centre n’est pas une institution propre à l’Arabie saoudite mais une organisation internationale indépendante reconnue par les Nations unies et établie par trois Etats fondateurs, dont deux pays d’ancienne tradition chrétienne.
Selon le Père Lombardi, il s’agit d’une occasion importante pour présenter dans une instance de haut niveau culturel et international le point de vue de l’Eglise sur le dialogue, la vision de la personne humaine et de sa vocation, l’éthique et la religion, les relations sociales, la justice et la paix. L’Eglise y sera représentée par le Père Miguel Ayuso Guixot, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Le Centre ›Roi Abdullah Bin Abdulaziz’ a pour but de «favoriser le dialogue entre les religions et les cultures», relève encore le Père Lombardi.
Certes, le dialogue interreligieux se fait déjà dans de nombreuses instances et occasions, mais la diversité et le pluralisme du monde actuel exigent que l’on multiplie les possibilités pour promouvoir le rôle actif de l’Eglise, a expliqué le Père Lombardi. Le Saint-Siège «ne manquera pas naturellement d’exprimer ses préoccupations quant au respect authentique des droits fondamentaux des chrétiens qui vivent dans des pays à majorité musulmane».
Le 13 octobre 2011, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et Mgr Pier Luigi Celata, alors secrétaire de ce dicastère, avaient assisté à la signature de l’accord pour l’établissement du centre par l’Arabie saoudite, l’Autriche et l’Espagne.
Des voix se sont élevées contre ce projet en Autriche. Ainsi, le député chargé des droits de l’homme au sein du parti des ›Verts’ a assuré qu’il était «absurde» qu’un pays comme l’Arabie saoudite, qui n’autorise aucun autre culte que le «wahhabisme ultraconservateur et fondamentaliste», soit à l’origine d’une telle initiative. (apic/imedia/cp/mp)
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