Un financement qui interroge
Vienne, 26 novembre 2012 (Apic) Le KAICIID, Centre international pour le dialogue interreligieux et interculturel Roi Abdallah Ben Abdelaziz, sera inauguré le 26 novembre 2012 à Vienne en Autriche. Seront présent notamment le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal Jean-Louis Tauran, ainsi que quelque 600 invités.
Le Centre est le résultat d’une initiative lancée par le Roi d’Arabie saoudite, il y a neuf ans. Avec l’Autriche et l’Espagne, ce pays est l’un des trois Etats co-fondateurs. Le Saint-Siège y a adhéré en qualité d’Observateur fondateur, rappelle Radio Vatican.
L’inauguration a été précédée d’un symposium sur les moyens de promouvoir le dialogue: initiatives culturelles, éducation des jeunes, solution des situations de conflit…. Toutes les grandes religions et traditions sont représentées. Ce qui favorise les échanges en marge des cérémonies officielles.
Le KAICIID a suscité de vives critiques et soulevé de nombreuses interrogations. Son financement par l’Arabie saoudite les trois premières années interpelle. Car la liberté religieuse n’existe pas dans ce pays. Les cultes publics non-musulmans sont interdits. Les conversions sont punissables de mort. Les défenseurs des droits humains et les dissidents font l’objet d’une sévère répression.
Selon ses détracteurs, sous prétexte du dialogue, le Centre servira les intérêts politiques et religieux de l’Arabie saoudite. Certains y voient même une offensive médiatique de ce pays arabe pour promouvoir le wahhabisme (mouvement politico-religieux saoudien, fondé par Mohammed ben Abdelwahhab. Il est souvent perçu comme une secte et présenté comme un mouvement ultra-orthodoxe et extrémiste, ndlr).
Le Saint-Siège, comme Observateur fondateur, ne manquera pas d’exprimer ses préoccupations pour le respect authentique des droits fondamentaux des chrétiens vivant dans des pays à majorité musulmane, a fait savoir le directeur du Bureau de presse, le Père Federico Lombardi, il y a quelques jours. Pour le Saint-Siège, le nouveau Centre peut offrir un espace adéquat pour exposer des exigences et chercher des solutions, précise Radio Vatican.
Un budget annuel de 10 à 15 millions d’euros permettra le fonctionnement du Centre, composé d’une équipe de 25 personnes.
Le KAIICID sera gouverné par un conseil de neuf membres de diverses religions, des «modérés» nommés par les Etats fondateurs. Parmi eux, le Père Miguel Ayuso, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et le métropolite orthodoxe Emmanuel de France.
Le poste de secrétaire général a été confié à l’ancien vice-ministre saoudien de l’éducation, Fayçal Bin Abdulrahman Bin Muaammar. (apic/rv/ggc)
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