Rome: Benoît XVI rencontre la Commission théologique internationale

La violence au nom de Dieu ne vient pas du monothéisme mais de l’homme

Rome, 7 décembre 2012 (Apic) Les violences exercées tout au long de l’histoire au nom de Dieu ne doivent pas être attribuées au monothéisme mais principalement aux erreurs des hommes. C’est ce qu’a affirmé Benoît XVI devant la Commission théologique internationale (CTI), le 7 décembre 2012 au Vatican. Selon lui, «l’oubli de Dieu» immerge la société dans un relativisme qui «génère inéluctablement la violence».

Devant les 32 membres de la CTI, actuellement réunis en assemblée plénière, Benoît XVI est revenu sur le concept de sensus fidei. Le Concile Vatican II avait défini ce dernier, dans la Constitution Lumen Gentium, comme le sens surnaturel de la foi qui est celui du peuple de Dieu tout entier. «Ce sens surnaturel de la foi des croyants, a souligné le pape, appelle à réagir vigoureusement contre le préjugé selon lequel les religions, et en particulier les religions monothéistes, seraient intrinsèquement porteuses de violence en premier lieu parce qu’elles prétendent qu’il existe une vérité universelle».

Le souverain pontife a alors critiqué ceux qui considèrent que «seul le polythéisme des valeurs garantirait la tolérance et la paix civile et serait conforme à l’esprit d’une société démocratique et pluraliste». Au contraire, selon le pape, «s’il y a eu ou s’il y a dans l’histoire des formes de violences exercées au nom de Dieu, elles ne doivent pas être attribuées au monothéisme mais à des causes historiques, principalement aux erreurs des hommes». «C’est plutôt l’oubli de Dieu qui immerge la société humaine dans une forme de relativisme qui génère inéluctablement la violence», a objecté Benoît XVI. Et de lancer cet avertissement: «Lorsque l’on ne permet pas à chacun de se rapporter à une vérité objective, le dialogue devient impossible et la violence – déclarée ou cachée – devient la règle pour les rapports humains».

Les contrefaçons du sensus fidelium

Dans son discours, le pape a également évoqué le document publié par la CTI en 2012, intitulé «La théologie aujourd’hui: perspectives, principes et critères», qui entend, selon le pape, «présenter le code génétique de la théologie catholique». Le sensum fidelium évoqué dans Lumen Gentium, en tant qu’intelligence intérieure que les fidèles éprouvent des choses spirituelles, constitue l’un des critères de cette théologie, a rappelé le pape.

Benoît XVI a souligné qu’il était «particulièrement important aujourd’hui de préciser les critères permettant de distinguer le véritable sensus fidelium de ses contrefaçons». En réalité, a-t-il expliqué, «ce dernier n’est pas une sorte d’opinion publique ecclésiale et il est impensable de pouvoir y faire référence pour contester les enseignements du Magistère». «En effet, a affirmé le pape, le sensus fidei ne peut pas véritablement se développer chez le croyant sans que celui-ci ne participe pleinement à la vie de l’Eglise, ce qui exige l’adhésion responsable à son Magistère».

Le pape a pris la parole après une brève allocution de Mgr Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) et par conséquent président de la commission. Le prélat allemand participait pour la première fois à une assemblée plénière de la commission. Il était accompagné du Père Serge-Thomas Bonino, le nouveau secrétaire général. (apic/imedia/cp/bb)

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