Rome: Sur la place d’Espagne, Benoît XVI rappelle l’importance du «silence»
Rome, 9 décembre 2012 (Apic) Dieu n’est pas dans le «vacarme», a assuré Benoît XVI le 8 décembre 2012, place d’Espagne, à Rome. Comme chaque année, le pape s’est rendu au pied de la colonne élevée à cet endroit en l’honneur de l’Immaculée conception.
En présence de plusieurs centaines de fidèles, Benoît XVI est revenu sur l’Evangile de l’Annonciation, dans lequel l’ange Gabriel annonce à Marie sa maternité divine. Il a affirmé que si un événement du genre avait lieu à notre époque, il ne laisserait pas de traces dans les journaux et les revues. «Car c’est un mystère qui se déroule dans le silence».
«Ce qui est réellement grand passe souvent inaperçu», a expliqué le pape. Et le silence tranquille se révèle «plus fécond que l’agitation frénétique qui caractérise nos villes».
Son dessein sur notre vie personnelle et sociale ne se perçoit pas en restant en superficie, a précisé Benoît XVI. Il se fait en descendant à un niveau plus profond, où les forces en action ne sont «pas économiques et politiques, mais morales et spirituelles».
«Le salut du monde n’est pas l’œuvre de l’homme, de la science, de la technique ou de l’idéologie, a expliqué Benoît XVI, mais il vient de la Grâce». Marie, «pleine de grâce», rappelle ainsi que «la puissance d’amour de Dieu est plus forte que le mal». Elle peut combler les vides que l’égoïsme provoque dans l’histoire des hommes, des familles, des nations et du monde.
Benoît XVI a comparé ces ’vides’ à «des enfers où la vie humaine est comme tirée vers le bas et vers le néant, où elle perd son sens et sa lumière». Il a souligné que les faux remèdes que le monde propose pour remplir ces vides- la drogue en est emblématique –»élargissent en réalité le gouffre».
Benoît XVI a assuré que la Grâce menait à la vraie joie. Celle-ci ne dépend pas de la possession des choses mais est enracinée au plus profond de l’homme, et rien ni personne ne peut la retirer. «Le christianisme, a expliqué le pape, est un ’Evangile’, une ’bonne nouvelle’. Certains pensent pourtant qu’il s’agit d’un obstacle à la joie, car il y voient un ensemble d’interdictions et de règles. En réalité, le christianisme est l’annonce de la victoire de la grâce sur le péché, de la vie sur la mort, a-t-il poursuivi.
Si le christianisme contient des renoncements et une discipline de l’esprit, du cœur et du comportement, c’est justement parce qu’en l’homme se trouve la racine vénéneuse de l’égoïsme, qui fait mal à soi-même et aux autres. En conséquence, a conclu le pape, l’homme «doit apprendre à dire non à la voix de l’égoïsme et à dire oui à celle de l’amour authentique».
Comme chaque année, à la tombée de la nuit, le pape s’est rendu place d’Espagne, au cœur de Rome, pour rendre hommage à la Vierge Marie, à l’occasion de la fête de l’Immaculée conception. Il a symboliquement déposé une grande corbeille de roses blanches au pied de la statue de la Vierge.
Le dogme de l’Immaculée conception de Marie fut proclamé par Pie IX en 1854 dans la Constitution apostolique Ineffabilis Deus. Ce dogme est à ne pas confondre avec la conception virginale de Jésus par Marie. Il stipule que la mère du Christ a été «préservée du péché originel et de toute forme de péché» en vertu d’une grâce exceptionnelle. La statue de la Vierge fut élevée place d’Espagne deux ans après la proclamation du dogme. (apic/imedia/ami/rz)
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