Rome: Benoît XVI gracie son majordome Paolo Gabriele

Un chapitre triste et douloureux se referme

Rome, 22 décembre 2012 (Apic) A l’approche de Noël, Benoît XVI a rencontré et accordé sa grâce le 22 décembre 2012 à Paolo Gabriele. Son ex-majordome avait été condamné en octobre dernier à 18 mois d’emprisonnement, pour vol aggravé dans le cadre de l’affaire ’Vatileaks’.

Pendant un quart d’heure, Benoît XVI a rencontré son majordome « pour lui confirmer son pardon et lui communiquer en personne qu’il avait accueilli sa demande de grâce, remettant la peine qui lui était infligée ». Il s’agit « d’un geste paternel envers une personne avec laquelle le pape a partagé une familiarité quotidienne pendant plusieurs années », précise le communiqué de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège.

L’entretien entre Benoît XVI et son ancien majordome a été « très personnel et très intense », a rapporté le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Le Père Federico Lombardi a établi un parallèle avec la rencontre de Jean Paul II et Ali Agça, qui avait tenté de le tuer en 1981.

Paolo Gabriele a été libéré de prison. Il est retourné à son domicile. Il ne pourra toutefois « pas reprendre son précédent travail et continuer à résider au Vatican ». Confiant dans la sincérité du repentir manifesté, le Saint-Siège entend lui offrir la possibilité de reprendre avec sérénité sa vie de famille, conclut le communiqué.

Le cas Claudio Sciarpelletti

Avec la bonne nouvelle de la grâce pontificale, « un chapitre triste et douloureux » se referme, a déclaré le ’porte-parole’ du Vatican. Il espère désormais un retour à une atmosphère plus sereine.

Le Père Lombardi a également évoqué le cas de Claudio Sciarpelletti, l’informaticien jugé par la justice du Vatican dans le cadre de l’affaire ’Vatileaks’. « Je peux également dire qu’il avait déjà repris son activité professionnelle depuis quelques jours. Il me semble deux semaines », a-t-il rapporté.

« Pour Claudio Sciarpelletti, il n’y a pas de problème de mise en liberté comme pour Paolo Gabriele. Mais une mesure de grâce est en cours de préparation, afin que son affaire pénale soit terminée et qu’il puisse ainsi reprendre sa vie en toute sérénité », a ajouté le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

Sept mois de détention

Le 23 mai 2012, Paolo Gabriele a été arrêté par la Gendarmerie du Vatican, en possession de documents confidentiels provenant de la correspondance privée du pape. Il a passé une soixantaine de jours en détention provisoire, avant d’être assigné le 21 juillet à résidence à son domicile situé dans l’enceinte du petit Etat.

Le 6 octobre, au terme d’un procès éclair d’une semaine, Paolo Gabriele a été condamné par le tribunal de l’Etat de la Cité du Vatican à une peine de trois ans de prison, réduite à un an et six mois pour circonstances atténuantes et absence d’antécédents pénaux.

Le même jour, l’éventualité d’une grâce du pape était déjà évoquée par le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. La grâce supposait le « repentir du coupable et la demande de pardon sincère au souverain pontife et à tous ceux qui ont été injustement offensés ».

Le 25 octobre, lorsque sa défense a définitivement renoncé à faire appel, Paolo Gabriele a été incarcéré dans une cellule de la gendarmerie du Vatican, à quelques mètres de son domicile familial. Dans un communiqué publié le même jour, le Saint-Siège avait déclaré que la « triste affaire » ’Vatlileaks’ était close, assurant que « les différentes conjectures concernant l’existence de complots ou l’implication de plusieurs personnes » s’étaient révélées infondées. (apic/imedia/cp/ggc)

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