Paraguay: L’ancien évêque Fernando Lugo Mendez fait son retour en politique

L’ex-président paraguayen va briguer un poste de sénateur

Asuncion, 4 janvier 2013 (Apic) L’ancien évêque Fernando Lugo Mendez contraint d’abandonner, le 22 juin 2012, ses fonctions de président de la République du Paraguay suite à une procédure d’impeachment particulièrement controversée, va se présenter aux élections sénatoriales, le 21 avril 2013. C’est également le jour des prochaines élections présidentielles.

L’ancien évêque catholique du diocèse de San Pedro – il avait été réduit à l’état laïc par le pape Benoît XVI après avoit été élu président de la République du Paraguay le 20 avril 2008 – conduira la liste du Front de gauche du pays, baptisé «Front Guasu». Le «Frente» est une alliance de partis de gauche et de centre-gauche qui s’est formée en mars 2010.

L’information a été confirmée par l’intéressé dans le cadre d’une réunion à Quito, en Equateur, avec le président équatorien Rafaël Correa. Les deux hommes ont profité de cette réunion pour évoquer également l’état de santé préoccupant du président Hugo Chavez, qui devrait être intronisé le 10 janvier prochain, mais qui est encore hospitalisé à Cuba. A ce sujet, Fernando Lugo Mendez a rappelé qu’il avait lui-même vaincu le cancer dont il souffrait, après un long traitement. L’ex-président paraguayen s’était fait soigner avec succès au Paraguay et au Brésil d’un cancer du système lymphatique.

Elections à l’issue incertaine

Sur le plan politique, Fernando Lugo Mendez a indiqué qu’il entendait conduire la liste du Front Guasu à la victoire, lors des scrutins présidentiel et parlementaire qui auront lieu le 21 avril prochain.

L’ancien prélat a encore assuré qu’il apporterait son entier soutien à Anibal Carrillo, candidat à la présidence de la République du Front Guasu, et à Luis Aguayo, pressenti pour être le vice-président en cas de victoire. L’issue du scrutin demeure encore aujourd’hui très incertain, d’après de récents sondages.

Le traumatisme de la destitution

Le traumatisme de la destitution de Fernando Lugo Mendez, le 22 juin 2012, est toujours très présent dans les esprits. Et pas uniquement chez les Paraguayens. Pour les leaders politiques sud-américains, le processus de destitution du président a en effet été considéré comme contraire aux règles démocratiques. D’où la suspension du pays par les instances du Mercosur (organisation économique comprenant également le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Venezuela) et de l’Union des Nations Sud-Américaines (Unasur), de toute participation aux réunions et décisions de ces instances. Ces sanctions ne prendront fin qu’au lendemain des prochaines élections présidentielles, malgré la décision, en juillet 2012, de la Cour Suprême du Paraguay, d’autoriser l’ancien président à se présenter aux prochaines élections sénatoriales. (apic/jcg/be)

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