Elles se trouvent notamment à Bari, à Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine, et à Fribourg

Turquie: Campagne visant à «récupérer» les reliques de Saint Nicolas

Antalya, 4 janvier 2013 (Apic) La Turquie relance la campagne visant à «récupérer» les reliques de Saint Nicolas de Myre, qui se trouvent dispersées depuis le Moyen Age. Une partie des reliques se trouvent dans la crypte de la basilique de Bari, au Sud de l’Italie, subtilisées en Turquie en mai 1087 par des marins venus de Bari. Une autre relique se trouve à Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine. La cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg, en Suisse, possède également des reliques (*), transférées du couvent d’Hauterive le 9 mai 1506.

L’archéologue turc Nevzat Çelik, responsable des fouilles sur le site de Myre-Andriake (actuelle Turquie), a relancé, à l’occasion des fêtes de Noël, la requête de restitution à la Turquie des reliques du saint évêque de Myre. Elles sont actuellement vénérées notamment dans la Basilique Saint-Nicolas de Bari.

Le Vatican interpellé

Cette fois, le destinataire de la requête n’est plus – comme par le passé – le gouvernement italien mais le Vatican, rapporte l’agence d’information vaticane Fides. L’initiative – selon ce qu’indique la presse turque – apparaît en accord avec la volonté des actuels responsables du Ministère turc de la culture et du tourisme. Ces derniers tentent de rapatrier des oeuvres d’art, objets archéologiques et reliques dérobés sur l’actuel territoire turc et emmenés à l’étranger par le passé.

A Antalya, il est prévu prochainement l’ouverture d’un musée dédié à l’antique et mystérieuse civilisation de la Lycie (région de naissance de Nicolas de Myre) destiné également à accueillir les objets provenant des sites archéologiques de Myre et d’Andriake. Une section du musée sera dédiée aux premiers siècles chrétiens et à la vie de saint Nicolas de Myre, l’évêque du IV° siècle qui, à cause de sa charité et de sa générosité envers les hommes et les enfants, est également considéré comme le personnage ayant inspiré la figure du «Père Noël».

Au XI° siècle, les reliques du saint furent «transférées» dans l’actuel chef-lieu des Pouilles, en Italie, par une expédition de marins de Bari. Au cours de ces dernières années, la Basilique qui les accueille est également devenue le but d’un flux croissant de pèlerins russes.

Des revendications turques connues depuis longtemps

Les revendications turques concernant les reliques de Saint Nicolas sont connues depuis longtemps. Mais c’est seulement récemment qu’elles ont trouvé des appuis institutionnels importants, en parallèle avec la valorisation touristique de la région. «Si nous construisons un musée à Demre (dans les environs de la zone archéologique de Myre NDR), la première chose que nous demanderons seront les restes de Saint Nicolas. Ces os devront être exposés ici et non pas dans une ville de pirates», avait déclaré voici deux ans le Ministre turc de la culture et du tourisme, Ertugrul Günay. Maintenant, les milieux universitaires, dont fait partie le professeur Çelik, en appellent au Vatican. (apic/fides/be)

(*) Saint Nicolas fut vénéré dans cette région dès le temps des croisades, après le transfert du corps du saint depuis Myre – en Asie mineure – sur sol italien à Bari en 1087. Les Zähringen, fondateurs de la ville de Fribourg en 1157, vouaient un culte particulier au saint évêque de Myre. Ils placèrent l’église paroissiale sous sa protection. A l’Abbaye cistercienne de Hauterive, une chapelle en l’honneur de Saint Nicolas fut édifiée dès 1320. Les reliques actuelles furent apportées de Rome à Hauterive vers 1420 par l’abbé Pierre d’Affry. Pour obtenir le transfert de ces précieuses reliques à l’église de Fribourg, l’avoyer et le conseil de la ville eurent recours à l’autorité du pape Jules II. Une bulle pontificale, datée du 2 juillet 1505, accordait ces reliques à Fribourg. Le transfert se fit le 9 mai 1506. (apic/be)

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